Le président colombien Alvaro Uribe s’est dit prêt mardi, sous condition, à autoriser une rencontre entre son homologue vénézuélien Hugo Chávez et le chef historique des FARC dans une région du sud de la Colombie tenue par les rebelles afin de faire progresser les négociations pour la libération des otages, dont Ingrid Betancourt.

Pour que cette rencontre puisse avoir lieu, le président Uribe pose comme condition que les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) « libèrent unilatéralement un groupe d’otages et s’engagent à libérer le reste », selon le communiqué de la présidence colombienne.

Si cette condition est remplie, la rencontre entre le président vénézuélien et le chef historique des FARC, le septuagénaire Manuel Marulanda, pourrait avoir lieu à Caguan, une localité située dans une zone sécurisée accordée aux FARC par le précédent gouvernement colombien dans le sud du pays, ont précisé les services de A. Uribe.

« Cette rencontre devrait se produire dans le cadre d’un accord pour lancer un processus de paix », ajoute le communiqué présidentiel. Quant à Alvaro Uribe, dont le père a été tué par des rebelles, il a souligné qu’il ne rencontrerait Manuel Marulanda « que quand tous les otages seront libérés et qu’un processus de paix sera en cours ».

Les FARC retiennent quelque 45 otages de grande valeur, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate à l’élection présidentielle en Colombie, enlevée le 23 février 2002, ainsi que trois ressortissants américains sous contrat avec l’armée.

Les rebelles proposent de libérer leurs otages en échange de la libération de tous leurs camarades emprisonnés en Colombie, qui seraient au nombre d’un demi-millier, et de deux des leurs détenus aux États-Unis.

En août dernier, Hugo Chavez a été invité par le gouvernement Uribe à mener une médiation auprès des rebelles pour tenter de relancer les négociations et de parvenir à un échange de prisonniers. Le président vénézuélien s’est déjà dit prêt à rencontrer en tête-à-tête le chef des FARC Manuel Marulanda.

Mardi, Hugo Chávez se trouvait à Paris où il a rencontré le président français Nicolas Sarkozy ainsi que la famille d’Ingrid Betancourt, mais il n’a pas été en mesure de présenter une preuve de vie récente de l’otage franco-colombienne.

AP (Associated Press)
21/11/2007