Le président français a envoyé deux messages, l’un aux otages et l’autre au chef des FARC dans lequel il réitère son engagement à trouver un accord humanitaire à la situation des prisonniers retenus en Colombie par le mouvement guérillero.

colombie06122007-1Dans son message, adressé au leader des FARC, le président N. Sarkozy a demandé solennellement à ce qu' »Ingrid Betancourt soit libérée afin de ne pas risquer de porter sûr [sa] conscience son éventuelle disparition. »

« Pour ma part, je m’engage personnellement, a ajouté le président français, à poursuivre  ma recherche d’un accord humanitaire qui permettrait la libération des otages. Plus encore, je m’engage à redoubler d’efforts, si l’on me l’autorise, pour trouver une solution au conflit qui ravage la Colombie ».
« Mais à l’heure actuelle, monsieur Marulanda, il faut sauver la vie d’une femme en danger de mort », a-t-il souligné.
« J’ai un rêve : celui de voir Ingrid à Noël entourée des siens » a conclu le président.

« Monsieur Marulanda vous pouvez faire de ce rêve une réalité, vous pouvez montrer au monde entier que vous comprenez les priorités humanitaires ».

Dans son message aux otages, N. Sarkozy déclare :

« Je souhaite m’adresser à vous pour vous livrer le message de solidarité de la France. Ma solidarité avec la Colombie, qui vit une véritable tragédie au quotidien, drame dont personne n’arrive à comprendre le sens. Ma solidarité avec vous, otages retenus injustement et cruellement comme des prisonniers, ma solidarité envers vos familles, vos amis, qui comptent le temps perdu sur le calendrier des souvenirs. « 

« À vous tous, je vous dis qu’on ne vous oubliera pas. On ne vous oubliera jamais  » a ajouté le président français.

À la fin de son message « d’amitié, de solidarité et d’espoir », Sarkozy s’est dirigé plus précisément à Ingrid Betancourt  » Ma compatriote  » : 

« Je veux vous dire, chère Ingrid, mon admiration pour votre dignité, pour votre courage dans une situation où des êtres plus faibles auraient perdu jusqu’à leur humanité (…) Ingrid, nous ne vous laisserons jamais tomber. »

« Je souhaite témoigner de l’affection de vos proches avec qui je maintiens une relation de confiance et un contact régulier, je vous assure aussi de la volonté de la France à ne pas accepter l’inacceptable. Ingrid nous ne vous abandonnerons jamais.
Je vous supplie d’avoir confiance. Nous réussirons. Il faut tenir bon pour vos proches qui vous attendent » a conclu N. Sarkozy.

Le premier message a été filmé et le second diffusé par l’émission Radio France Internationale, radio que l’otage franco-colombienne peut recevoir depuis son lieu de captivité.

Le chef de l’État français a enregistré en français (sous-titré en espagnol sur la vidéo) deux messages dans la nuit de mercredi depuis l’Elysée, a précisé la Présidence.
Enregistré avec les moyens techniques de TF1, le message vidéo a été mis à disposition des chaînes qui intègrent le réseau mondial d’images SERTE.

Le gouvernement colombien avait diffusé la semaine dernière des preuves de vie de 16 otages, dont une vidéo et une lettre d’Ingrid Betancourt datée du 24 octobre.

Selon le communiqué de l’Elysée ces images « ont révélé une femme qui est à bout de force ». C’est pourquoi le président a senti qu’il fallait agir au plus vite.

La libération d’Ingrid Betancourt, prisonnière de la guérilla marxiste depuis plus de cinq ans, constitue l’un des objectifs majeurs de la présidence de Sarkozy.

Quelques jours seulement après la rupture des négociations avec le président Chávez, le 2 décembre dernier, le chef de la guérilla Iván Márquez considère comme « transcendantal » le rôle que pourrait jouer le président français dans sa recherche d’un accord humanitaire.

Márquez a déclaré dans un communiqué que le processus « d’échange des otages »  revenait à N . Sarkozy.
Cependant un analyste León Valencia signale que la tache du président français reste ambigue dans le processus d’échange des otages « Il y a un véritable paradoxe parce que le gouvernement colombien réclame l’aide de la France mais il souhaite assumer directement la gestion  avec les FARC ».
Cependant, il précise que les FARC ne mettront probablement pas d’obstacles à la participation de la France aux négociations, car les FARC et le gouvernement français ont déjà été en contact à diverses reprises.

Article extrait du quotidien colombien « El Tiempo » du 06/12/2007
Traduit par Aline T