Les quatre régions les plus riches de Bolivie ont lancé un processus d’autonomie, marqué samedi par des manifestations de soutien dans les grandes villes, alors que le président de gauche Evo Morales qui s’y oppose, présentait son projet de Constitution.

M. Morales a célébré le nouveau texte constitutionnel qui doit encore être soumis à référendum sur la place d’armes de La Paz, la capitale bolivienne, où se pressait une foule d’Indiens devant le Palais présidentiel.

« C’est le moment où nous les Boliviens allons nous sentir intégrés au nouvel État! », a lancé M. Morales, un collier de fleurs autour du cou, depuis un balcon du palais présidentiel Quemado.

bolivie15122007-1En décembre 2006, ces quatre régions les plus riches du pays andin s’étaient déjà prononcées par référendum en faveur d’une future autonomie.
M. San Miguel a toutefois écarté l’idée de proclamer l’état de siège et de dépêcher des troupes dans cette ville située à 900 km à l’est de La Paz.

A la tête du mouvement, Santa Cruz rejette catégoriquement le projet de Constitution du gouvernement Morales, jugeant qu’il rogne les pouvoirs des provinces riches et fractionne les régions en petites autonomies communautaires et indigènes.

A Santa Cruz et Tarija, les manifestations ont incité le ministre de la Défense, Walker San Miguel, à placer l’armée en état d’urgence tout en soulignant qu’il revenait à la police d’intervenir en cas de troubles.

Des renforts de 400 policiers ont été envoyés à Santa Cruz (1,5 million d’habitants), bastion de l’opposition libérale et conservatrice.

« Le prétexte de l’autonomie sert à diviser le pays, mais nous ne permettrons aucune division de la Bolivie », a-t-il averti, répétant des propos tenus la veille dans lesquels il disait compter « sur le peuple et les forces armées » pour garantir « l’unité du pays ».

Vendredi, le président bolivien avait reçu des diplomates de l’Union européenne, venus lui exprimer les préoccupations de leurs pays au regard de la tension politique grandissante en Bolivie.

« Ils ont évoqué la possibilité d’être des observateurs d’un dialogue éventuel entre les préfets (de régions autonomistes) et le président Evo Morales« , a expliqué le porte-parole présidentiel Alex Contreras.

Samedi, l’Assemblée autonomiste du département de Santa Cruz (est) a présenté officiellement son projet de statut d’autonomie au gouverneur (préfet) Ruben Costas avant de le soumettre à la population à l’occasion d’un grand rassemblement.

Le projet approuvé cette semaine a été lu dans son intégralité par le président de l’Assemblée Carlos Pablo Klinsky, sur la place d’Armes de Santa Cruz, devant la foule venue le soutenir.

bolivie15122007-2La proposition d’autonomie vaut également pour les régions de Tarija (sud), Pando et Beni (nord), totalisant avec Santa Cruz 67% du Produit intérieur brut (PIB).

Le statut d’autonomie de Santa Cruz prévoit une assemblée législative avec des compétences étendues sur la distribution des terres,point clé du statut, et en matière d’impôts notamment sur les hydrocarbures, principale richesse de la région. Le projet n’évoque ni la Défense ni les Relations extérieures.

Toutefois, le nouveau projet de statut régional, similaire à celui de la Catalogne en Espagne, n’entrera en vigueur qu’après avoir été remanié puis approuvé par référendum, selon ses auteurs.

Article AFP du 15/12/2007