La libération de trois otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) s’annonce délicate et pourrait être retardée, selon l’ex-médiatrice Piedad Córdoba, car l’armée colombienne pilonne des zones tenues par la guérilla.

colombie23122007-1Il y a un facteur qui joue contre nous, il y a de nombreuses opérations dans le pays (en Colombie), et ils ne vont pas les suspendre, cela pourrait retarder la libération jusqu’à ce que les conditions de sécurité soient réunies pour les otages », a déclaré la sénatrice colombienne Piedad Córdoba lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Caracas.

« Pour l’instant, a-t-elle ajouté, je ne sais ni où ni quand aura lieu la libération (de Clara Rojas, bras droit d’Ingrid Betancourt, de son fils Emmanuel de trois ans et de l’ancienne parlementaire colombienne Consuelo Gonzólez), ni si ce sera au Brésil, en Equateur ou à la frontière » entre le Venezuela et la Colombie.

Le gouvernement colombien a de son côté démenti avoir l’intention d’interférer dans le processus de libération des trois otages. « Pourvu que (les libérations) se produisent le plus vite possible. Il n’y a de la part du gouvernement colombien aucune volonté d’interférer en quoi que ce soit », a déclaré le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Carlos Holguin, à des radios locales.

Le président vénézuélien Hugo Chóvez, qui, comme Piedad Córdoba, a été congédié par son homologue colombien Alvaro Uribe de son rôle de médiateur, avait évoqué « un cadeau de Noël » pour les familles des otages. Mme Córdoba a mis samedi un bémol. Interrogée si la libération allait intervenir avant Noël, elle a répondu « peut-être; avant ou après ».

Piedad Córdoba s’est cependant déclarée « optimiste », « car les FARC ont passé un accord avec nous pour donner des preuves de vie (d’Ingrid Bétancourt), pour lesquelles il y avait tant de doutes, et elles sont arrivées », a-t-elle souligné, en référence à la vidéo dans laquelle apparaît l’otage franco-colombienne, diffusée fin novembre.

Hugo Chóvez, auquel les FARC devraient remettre le groupe des trois otages, devait retourner samedi à Caracas après une visite officielle à Cuba pour finaliser le processus de libération, qui pourrait se révéler plus lent qu’escompté. « Il s’agit d’une opération délicate », a indiqué M. Chóvez depuis Cuba. « A notre retour (samedi) à Caracas, nous essaierons d’élaborer un plan pour les recevoir », a-t-il ajouté.

Vendredi, une source proche des renseignements vénézuéliens affirmait à l’AFP que « la mobilisation avait commencé pour cette opération ».
Selon cette source, les autorités vénézuéliennes ont déjà mis en place un dispositif de sécurité afin d’assurer la protection des otages et de leur escorte, ainsi que celle de la sénatrice Piedad Córdoba, opposante au président Uribe. Hugo Chóvez est « certain » que des Colombiens vont essayer d’empêcher cette libération. « Mais nous y parviendrons », a-t-il affirmé.

En reconnaissance des efforts de médiation de H. Chóvez, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont promis mardi de libérer trois de leurs otages, mais pas Ingrid Betancourt, la plus précieuse monnaie d’échange de la guérilla.

AFP 23/12/07