Les proches d’Emmanuel se soumettent à des tests ADN pour dissiper les doutes concernant l’identité d’un jeune garçon remis aux services sociaux colombiens en juin 2005 .

colombie02012008-1 » L’opération Emmanuel «  menée au beau milieu de la forêt colombienne s’est soldée par un échec après trois jours d’espoir pour les familles qui attendaient la libération des 3 otages retenus par les FARC.

En effet, le nom même donné à l’opération de libération des otages l’ « opération Emmanuel » apparaît à ce jour comme un leurre.

Le journal colombien  « El Tiermpo  » informe qu’il existe de nouvelles preuves susceptibles de conforter l’hypothèse soutenue par le président A.Uribe, à savoir que les guérilleros n’ont pas libéré les otages parce qu’ils n’étaient pas en mesure de livrer le petit Emmanuel, l’enfant de Clara Rojas et d’un guérrilléro, né en captivité. Dans cette optique, les proches de Clara Rojas vont se soumettre à des tests ADN afin de mettre fin au doute qui plane à ce jour.

Selon ce journal, les soupçons concernant un enfant remis aux services sociaux colombiens en juin 2005 s’intensifient, il pourrait s’agir d’Emmanuel.
Selon des sources des organismes de la Sécurité colombienne, un homme nommé José Gómez s’est présenté en juin 2005 afin de remettre un enfant qu’il a lui-même identifié comme son neveu et comme étant  » un enfant des FARC  » nécessitant la protection de l’État.
L’enfant aurait été remis en juin 2005 sous le nom de Juan David Gómez, le jour même de la fête de l’Indépendance de la Colombie.
Son état de santé était déplorable : il avait alors un bras cassé, il souffrait de paludisme, de diarrhées et de mauvais traitements. L’homme s’est présenté comme étant le grand-oncle du petit et s’est récemment représenté à l’Institut colombien du Bien-être Familial pour récupérer le garçon en prétendant cette fois-ci être le père biologique, ce qui a immédiatement suscité la méfiance des autorités. Le petit Juan David qui serait en fait Emmanuel, se trouve à ce jour dans un orphelinat de Bogotá.

colombie02012008-2Face à une telle confusion, les proches de Clara Rojas ont prévu de se soumettre aujourd’hui à Caracas à des tests ADN afin de lever tous les soupçons quant à la véritable filiation du garçon.
Les résultats de ces tests devraient révéler la véritable identité de l’enfant sous 10 à 15 jours. À cet instant, les autorités colombiennes sont dans l’incapacité de révéler la véritable identité de l’enfant qui se trouve au foyer de Bogotá.

Cinq experts en génétique d’origine colombienne ont fait le voyage de Bogotá jusqu’à Caracas afin de pratiquer les tests ADN sur la grand-mère présumée d’Emmanuel ainsi que sur le fils de celle-ci. Ce dernier a déclaré que l’hypothèse avancée par le président colombien n’était pas improbable mais que les tests permettraient de lever le voile d’une façon claire et définitive.
Jusqu’à hier le président colombien s’était refusé à rendre public cette éventualité.
Le président vénézuélien H. Chávez, coordinateur de l’échange humanitaire, a aussitôt remis en compte l’hypothèse avancée par son homologue et s’est dit choqué qu’une telle information ait été dissimulée aussi longtemps . Ce dernier refuse, à ce jour, de se prononcer avant de connaître les résultats définitifs des analyses réclamées par les autorités colombiennes dans le but de vérifier si l’enfant en question est bien l’enfant de Clara Rojas, otage retenue depuis 2002 par les FARC.

Article extrait du « El Pais » (espagnol) du 2/01/2008
Traduit par Aline T