Les deux Colombiennes Clara Rojas et Consuelo González , libérées jeudi après plusieurs années passées comme otages de la guérilla des FARC dans la forêt, sont arrivées à Caracas où elles ont retrouvé leurs proches.

colombie11012008-1Lorenzo Delloye, le fils de l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, a estimé vendredi que la libération par les Farc des otages colombiennes Clara Rojas et Consuelo Gonzólez était « un premier pas », évoquant une « course contre la mort » pour libérer sa mère.

« C’est un premier pas, cela montre que quand toutes les parties s’accordent pour dialoguer, ça marche », a estimé Lorenzo Delloye, lors d’une conférence de presse à Paris au côté de son père, Fabrice Delloye. « C’est une course contre la mort pour maman et tous les otages », a affirmé le jeune homme.

Les deux femmes ont été libérées au cours d’une opération héliportée menée dans la forêt colombienne,  par les gouvernements colombien et venezuelien  avec le concours du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Très émues, semblant en bonne santé, elles sont arrivées par avion à l’aéroport de Caracas, où elles ont été accueillies par leurs familles et par de hauts responsables vénézuéliens.

« C’est comme revenir à la vie. Par moments, je pense que c’est un rêve », a lancé Consuelo González, une ex-parlementaire de 57 ans, enlevée par la guérilla marxiste le 10 septembre 2001, en retrouvant ses filles en pleurs, Patricia et Maria Fernanda Perdomo, qui l’attendaient avec des fleurs. Elle a aussi pris dans ses bras sa petite-fille de deux ans, qu’elle n’avait jamais vu. Les proches de Consuelo González brandissaient des affiches avec les mots : « Maintenant liberté pour tous ».

Clara Rojas, une avocate de 44 ans, a elle retrouvé sa mère, âgée de 76 ans, et l’a serrée dans ses bras. Clara Rojas est la principale collaboratrice de l’ex-candidate à la présidence colombienne Ingrid Betancourt, avec qui elle avait été capturée le 23 février 2002.

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Clara Rojas et Consuelo González reçues par les autorités (la sénatrice Piedad Córdoba et l'ambassadeur cubain au Venezuela, Germán Sánchez Otero).

L’avocate a affirmé jeudi, peu après sa libération, être sans nouvelles depuis trois ans d’Ingrid Betancourt. « Je ne sais plus rien sur Ingrid depuis trois ans », a-t-elle déclaré à la radio colombienne Caracol, expliquant que les guérilleros avaient séparé les deux femmes « pour des raisons de sécurité ».

Elle a ajouté que les guérilleros avaient remis des preuves de vie de huit otages qu’ils retiennent prisonniers au ministre vénézuélien de l’Intérieur, Ramon Rodriguez Chacin.
Clara Rojas a également parlé de la naissance de son fils Emmanuel, le 16 avril 2004 par césarienne, ce qui l’a immobilisée pendant 40 jours, alors que les combats visant les FARC étaient intenses. « Cela a été très dur, mais je suis en vie pour lui et j’espère que lui aussi. Il a montré être un enfant très courageux », a-t-elle dit.

Dans une interview à une radio colombienne, Mme González a dénoncé les conditions de détention des prisonniers masculins de la guérilla marxiste des FARC, assurant qu’ils sont enchaînés jour et nuit.

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Arrivée à Caracas

La libération des deux femmes avait été annoncée quelques heures plus tôt à Caracas par M. Chávez. Ce dernier avait annoncé mercredi une nouvelle tentative de libérer les deux femmes, après l’échec d’une première tentative fin décembre.

Elles « ont retrouvé la pleine liberté. Je leur ai souhaité la bienvenue à la vie », a déclaré devant la presse le président vénézuélien.
Il a indiqué que son ministre de l’Intérieur, qui participait à l’opération dans la forêt colombienne, lui avait téléphoné quelques minutes avant midi (16H30 GMT) pour lui annoncer la nouvelle. « Semblant très ému, notre ministre de l’Intérieur m’a dit: ‘En ce moment, nous sommes en train de recevoir Clara et Consuelo des mains d’un commando des FARC' », a raconté M. Chávez.

colombie11012008-4« J’ai salué le chef du groupe des FARC, j’ai salué Clara et Consuelo, très émues », a dit le président vénézuélien. Fin décembre, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient fait la promesse de libérer les deux femmes et Emmanuel, fils de Clara Rojas et d’un guérillero et de les remettre à M. Chávez.
Mais l’opération avait échoué notamment parce que la guérilla ne détenait plus Emmanuel, qui avait été confié en secret dès 2005 à une famille d’accueil sous un faux nom.

Jeudi, une nouvelle opération a été menée dans la forêt à partir de l’aéroport colombien de San José de Guaviare, à 300 kilomètres au sud-est de Bogota, où deux hélicoptères vénézuéliens se sont posés avant de redécoller pour aller chercher les otages.

La famille d’Ingrid Betancourt s’est réjouie des deux libérations. « Je suis très émue. C’est un formidable élan pour faire que tous les autres otages, dont maman, reviennent à la maison. Cela montre que quand il y a de la volonté, on peut avancer », a déclaré par téléphone depuis New York Mélanie Delloye, la fille d’Ingrid Betancourt.

Les FARC se disent prêtes à libérer, en plus de Clara Rojas et Consuelo González, 43 de leurs otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre la libération de 500 de leurs militants emprisonnés.

AFP le 11/01/2008