Le président d’Équateur, Rafael Correa, a rappelé auprès de lui (à Quito), son ambassadeur après l’opération militaire menée contre les FARC sur le territoire équatorien.
Le président l’a convoqué pour analyser les faits survenus sur le territoire national et réfléchir sur les mesures à prendre pour éviter toute nouvelle incursion des militaires colombiens sur le sol vénézuélien.

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Raúl Reyes

Le président Correa a déclaré qu’il  » protestait vigoureusement  » contre l’opération menée contre les guérilleros en territoire équatorien, action militaire durant laquelle 17 membres des FARC ont trouvé la mort, parmi lesquels le numéro deux de l’organisation marxiste, Raúl Reyes.

Pour Correa,  le président colombien doit admettre s’  » il a été lui-même trompé par ses troupes et mis sur le fait accompli ou s’il reconnaît devant toute la communauté internationale qu’il a autorisé sciemment l’incursion de ses troupes sur le sol équatorien sans le moindre scrupules en violant ainsi la souveraineté nationale d’un pays voisin « .

Selon le président de l’Équateur, Uribe a menti concernant l’opération militaire et il considère qu’il s’agit de  » la plus grande agression que l’Équateur ait subi de la part de son voisin colombien « .
L’espace aérien de l’Équateur a été envahi en toute connaissance de cause, et plus grave encore, des troupes terrestres sont entrées sur le territoire national pour récupérer le cadavre de Raúl Reyes, et ont abattu 15 autres guérilleros qu’ils ont abandonnés sur place.
Il semblerait, selon des sources militaires, que la zone où sont intervenus les militaires se situait à moins de 2 km de la frontière avec la Colombie et qu’il s’agit  » d’un véritable massacre « .
Par principe, le président d’Équateur a été informé par le propre président colombien.
Les images retransmises par la chaîne de télévision CNN ont permis de voir le président Correa interrompu en urgence par un appel téléphonique lors d’un discours.
À la fin de cette communication, Correa a déclaré qu’il avait été informé que  »  les militaires colombiens avaient pénétré le territoire équatorien et que l’assaut y avait été mené « .
Cependant, au fil des heures, Correa s’est joint à la protestation du président du Venezuela Hugo Chávez.

equateur02032008-2Le président vénézuélien a averti la Colombie que toute incursion colombienne sur son territoire serait un  » motif de déclaration de guerre « .
Il a par ailleurs déclaré lors d’une réunion retransmise par la chaîne d’État VTV  »  Président Uribe, réfléchissez bien, ne faites pas la même chose sur mon territoire car cela serait un acte extrêmement grave qui légitimerait une déclaration de guerre, causus belis « .

Le président vénézuélien a qualifié de  » préoccupant et d’inédit  » le fait que les forces armées de Colombie aient reconnu avec une  » certaine fierté  » qu’en  » violant la souveraineté d’un pays voisin, ils ont pu s’ introduire sur le territoire équatorien et ainsi concrétiser la capture de Raúl Reyes « .
Il a également souligné que la supposée violation de souveraineté de l’Équateur par la Colombie devrait être analysée du point de vue du Droit International.
Le président du vénézuélien accuse Uribe  » d’avoir été entraîné dans une folie guerrière  »  commanditée par les États-Unis et a déclaré que la Colombie serait dorénavant isolée du reste du continent latino-américain.

equateur02032008-3Pour sa part, le président colombien a remercié publiquement le président équatorien et le peuple d’Équateur pour sa compréhension à un moment où  » la Colombie se montre déterminée à en finir avec le terrorisme qui ne respecte aucune frontière « .

Le président colombien a déclaré  » qu’il  y a 50 ans il s’agissait d’un terrorisme idéologique, et qu’aujourd’hui il s’agit d’un terrorisme de mercenaires et de narcotrafiquants « .
Depuis la municipalité de Ríonegro, non loin de Medellín, Uribe a indiqué  » qu’en tant que président élu par la Nation, il assumait la pleine responsabilité de l’action menée par les militaires colombiens « .

Le corps de Raúl Reyes a été transporté samedi à Bogotá dans un avion des forces aériennes colombiennes et a été conduit à l’Institut de Médecine Légale où une autopsie sera pratiquée, a informé l’agence de presse que EFE.

Article extrait de BBC Mundo du 02/03/2008
Traduit par Aline T