Le président du Guatemala, Alvaro Colom, a profité d’une réunion avec son homologue nord-américain, George W. Bush, pour lui demander d’accorder un statut de protection temporaire (TPS d’après les initiales anglaises) aux Guatémaltèques qui vivent illégalement aux États-Unis.

guatemala29042008-1 » Le président (Colom) a clairement posé le problème de l’immigration et m’a invité à réfléchir sur l’opportunité d’accorder un TPS à ses concitoyens et sur une possible réforme migratoire  » a signalé le président nord-américain après sa rencontre à la Maison-Blanche, ce lundi, avec le président du Guatemala.

 » Je lui ai garanti de prendre en compte sa demande, et tout comme lui, je crois qu’il est nécessaire de proposer une réforme complète de la politique migratoire dans nos deux pays « , a-t-il ajouté.

Le TPS a été donné à des citoyens du Honduras et du Nicaragua après que leur pays respectif ait subi de graves catastrophes naturelles.
Le Guatemala souhaite également bénéficier de ce statut qui permettrait à des milliers de Guatémaltèques d’obtenir un permis de résidence transitoire sur le sol américain ainsi qu’un permis de travail temporaire, de plus cette autorisation permet de suspendre les reconduites au pays d’origine.

Malgré cet échange, il paraît difficile de croire que les États-Unis soient disposés à concéder un statut particulier aux citoyens guatémaltèques à un an des élections présidentielles.
Le président américain ne semble pas avoir les moyens politiques de mener à bien ce projet. Il suffit de constater l’échec de la réforme migratoire promise avant et après son arrivée au pouvoir.
L’ambassadeur même des États-Unis au Guatemala, James Derham, a déclaré dans une entrevue donnée au journal guatémaltèque Prensa Libre qu’il ne fallait pas fonder trop d’espoir dans les promesses émises par le président américain.

guatemala29042008-2 » Le TPS signifie qu’il s’agit d’un statut temporaire, or dans les faits ce ne fut pas le cas « .
Je ne peux pas parler au nom de la Maison-Blanche, mais je doute sérieusement de la possibilité d’accorder ce permis aux Guatémaltèques  » a-t-il affirmé.

Cette opinion est partagé par la majorité des experts. Malgré tout, le président du Guatemala a qualifié l’entrevue de  » concluante ».
 » Nous avons posé le problème du TPS et nous attendons une réponse  » a-t-il dit.

Les deux présidents ont également abordé les moyens d’améliorer la lutte contre les narcotrafiquants.
Le président Bush a déclaré que les États-Unis s’efforceraient de lutter au mieux dans leur propre pays contre ce fléau.  » Nous souhaitons travailler conjointement et de façon efficace pour lutter sans relâche contre les narcotrafiquants « , a-t-il déclaré.

 » Dans cette optique, il est important que le Congrès finance le projet de Mérida «  a déclaré le président avec emphase.
L’initiative de Mérida est un plan d’aide pour la lutte contre le trafic de drogue d’un million et demi de dollars, principalement cibler vers le Mexique, mais dont certains pays d’Amérique centrale pourraient bénéficier.

Le président du Guatemala a déclaré pour sa part faire tout son possible pour éliminer le trafic de drogue sur son territoire.

Le Traité de Libre Commerce entre les États-Unis, l’Amérique centrale, et la République Dominicaine  a également été abordé.

Bush a reconnu les efforts menés par le gouvernement du Guatemala et a déclaré  » que les États-Unis étaient honorés de pouvoir aider au mieux le gouvernement guatémaltèque. « 

Article extrait de BBC Mundo du 29/04/08
Traduit par Aline T