venezuela15022009-1Les bureaux de vote doivent rester ouverts jusqu’à 18h00 (22h30 GMT).

Le texte soumis au vote est un amendement modifiant cinq articles de la constitution et permettant que président, maires, députés et gouverneurs puissent se représenter devant les électeurs autant de fois qu’ils le souhaitent.

La règle actuelle n’autorise pas plus de deux mandats consécutifs.

La campagne d’un mois pour ce scrutin a été centrée sur la gestion et la personne du président, Hugo Chavez, au pouvoir depuis dix ans et qui a souhaité y rester dix ans de plus pour pouvoir approfondir sa « révolution bolivarienne ».

« J’ai une foi renforcée concernant le résultat de dimanche. Ma confiance en la victoire est infiniment plus grande que le 1er décembre 2007 », à déclaré samedi Hugo Chavez.

Le 2 décembre 2007, les électeurs avaient déjà rejeté une vaste réforme de la constitution d’inspiration socialiste qui prévoyait aussi la possibilité de ré-élire le président au-delà de deux mandats de six ans, comme le prévoit le texte actuel.

Si l’amendement était approuvé, a argumenté le chef de l’Etat élu en 1998 et réelu en 2006, « le gouvernement sera renforcé » pour poursuivre sa révolution bolivarienne.

« C’est toutes nos conquêtes depuis dix ans qui sont en jeu, dans le domaine économique, politique et social », a aussi déclaré à l’AFP Vanessa Davies, en chargée de la propagande et membre de la direction du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV).

Le scrutin, organisé très rapidement après les élections régionales et municipales du 23 novembre, porte sur un amendement proposant que président, gouverneurs, maires et députés puissent être élus sans limite de mandat.

Le mandat présidentiel actuel de six ans est renouvelable une seule fois dans la foulée.

Selon les instituts de sondage, l’issue du référendum reste très incertaine.

Le nombre d’indécis étant particulièrement élevé, elle dépendra, selon Luis Vicente Leon, de l’institut Datanálisis, de la capacité de mobilisation de chaque camp, qui ont prévu de déployer dimanche des centaines de milliers de bénévoles pour inciter les électeurs à voter.

Le chef de l’Etat, qui jouit encore d’un taux de popularité dépassant les 50%, a été comme à son habitude omniprésent durant la campagne d’un mois qui a précédé le scrutin, centrée sur son bilan.

« Chavez si », lisait-on sur de nombreuses affiches collées dans la capitale.

« Non à la réélection illimitée », répondaient les pancartes de l’opposition, qui dénoncent aussi la « corruption », « l’inflation », ou encore la misère.

venezuela15022009-2L’opposition a également longuement évoqué l’insécurité croissante dans le pays, où le taux d’homicide est de plus en plus élevé (49 pour 100.000 habitants, selon des données de l’Observatoire de la violence au Venezuela, une ONG, soit presque dix fois plus qu’aux Etats-Unis).

Le vote intervient dans un contexte économique assombri par la crise financière mondiale et la chute des cours de l’or noir, qui a alimenté jusqu’à 70% du budget du Venezuela, neuvième producteur mondial de pétrole.

L’inflation a dépassé les 30% en 2008, tandis que la croissance a commencé à ralentir, passant de 8,4% en 2007 à 4,9% en 2008, ce qui fait dire aux opposants d’Hugo Chavez qu’il cherche à faire passer la réforme avant que les nuages s’amoncellent.

Le scrutin intervient aussi près de trois mois après des élections régionales et municipales marquées par un recul du chavisme, qui a perdu trois Etats et la mairie de Caracas. Les partisans de Chavez ont cependant conservé 17 États sur 23, et gardé un avantage numérique (5,5 millions de voix contre 4,5 pour l’opposition).

Article du 15/02/2009