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Une cinquantaine de personnes pourraient être mortes ces dernières semaines au Mexique du fait de ce virus alors qu'au moins huit personnes ont été contaminées aux États-Unis.

Au Mexique, le pays le plus touché, le ministre de la santé a annoncé samedi que le virus a causé 20 décès avérés sur un total de 81 « probables ». Jusqu’ici, 1 324 malades ont été mis ou sont encore sous surveillance médicale dans le pays. Samedi, les autorités mexicaines ont durci les mesures de prévention contre la contagion : la présidence a décrété l’isolement.
L’Église catholique de Mexico a annoncé l’annulation des messes de dimanche, répondant à l’appel du ministre de la santé à la suspension des réunions publiques. Les établissements scolaires et universitaires, fermés depuis vendredi, ne seront pas rouverts avant le 6 mai. La mesure concerne les 20 millions d’habitants de l’agglomération de la capitale, l’État mitoyen de Mexico et l’État voisin de San Luis Potosi, région du pays la plus touchée par le virus après la mégapole.

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Les soldats mexicains transportent des cartons de masques de protection qui vont être distribués à la population, à Mexico, le 25 avril 2009.

Depuis le 13 avril, les autorités sanitaires ont recensé 1.324 personnes susceptibles d’être infectées par la grippe porcine. Plus de 81 personnes sont mortes, et l’on soupçonne la nouvelle souche du virus, même si pour l’instant, seuls 20 cas on été confirmés.
Selon l’OMS, la maladie touche «des jeunes adultes en bonne santé», et la mutation du virus est inédite, «dans des gênes jamais rencontrés auparavant» . Mexico assure que tous les cas constatés sont issus de contamination d’homme à homme, ce qui inquiète les spécialistes.
Le Mexique, qui avait avancé l’hypothèse d’une campagne de vaccination massive, penche désormais pour une distribution de médicaments. Un fonds de 450 millions de dollars (340 millions d’euros) a été débloqué pour lutter contre la maladie.
En France, le directeur général de la Santé, Didier Houssin, explique que deux personnes de retour du Mexique présentent «des doutes, non confirmés», de contamination. Pour lui, «d’autres ne vont certainement pas manquer de survenir dans les jours à venir car les déplacements aériens ou par bateau sont nombreux». Il «n’est pas exclu qu’une personne malade, donc potentiellement contagieuse, puisse rentrer en France», estime-t-il.
La France a mis en place un centre de crise afin de suivre l’évolution de la situation sanitaire au Mexique. Paris a précisé samedi que «la France n’importe pas de porcs vivants, ni de viande porcine du Mexique».
Maladie respiratoire de type viral qui s’attrape dans les élevages de porcs, la se transmet ensuite d’homme à homme par voie aérienne. La question de la transmission interhumaine n’est pas tranchée par les spécialistes. Ce virus peut se traiter avec le Tamiflu, médicament déjà employé pour la grippe aviaire. Un vaccin pourrait être rapidement mis au point.

Le président mexicain Felipe Calderon a autorisé samedi par décret le ministère de la Santé à prendre des mesures exceptionnelles, notamment les mises en quarantaine de personnes infectées, les inspections de passagers ou l’entrée dans les domiciles.
L’armée et les employés des services sanitaires arpentaient aéroports et gares routières, cherchant à dépister les gens atteints des symptômes de la grippe porcine, incluant de la fièvre, des douleurs dans tout le corps, la toux, le mal à la gorge, et dans certains cas, des vomissements et diarrhées.
Les marchés et restaurants étaient quasiment vides dans la capitale mexicaine, où les habitants se précipitaient à l’hôpital à la moindre fièvre.

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Pour éviter que le virus ne se propage, les autorités sanitaires recommandent aux Mexicains de pas se serrer la main ni de s'embrasser et d'éviter de se déplacer en métro.

Des cas suspects on été détectés dans 16 États du pays, et une trentaine de cas ont été rapportés à Mexico rien que samedi. Parmi les États concernés, on trouve ceux de Veracruz (320km à l’est de Mexico), Oaxaca (560km au sud de Mexico), Basse-Californie (centre) et San Luis Potosi (360km au nord-ouest de Mexico).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié samedi l’épidémie nord-américaine de grippe porcine d' »urgence de santé publique internationale ».
Le secrétaire à la Santé José Cordova est revenu sur l’historique de la maladie, expliquant que les autorités sanitaires avaient constaté un triplement des cas de grippe fin mars-début avril, mais pensé qu’il s’agissait d’un regain tardif de la saison de la grippe de décembre-février.

Si le premier décès a eu lieu le 13 avril, dans l’État de Oaxaca, le Mexique n’a envoyé le premier échantillon à tester au CDC d’Atlanta, spécialiste des maladies contagieuses, que le 18. Dans le même temps, des équipes sanitaires dépêchées sur le terrain constataient que les victimes étaient surtout de jeunes adultes (20 à 40 ans) et pas des enfants ou vieillards, comme les victimes de la grippe classique.
Ce n’est que jeudi dernier, selon le secrétaire à la Santé de la ville de Mexico, le Dr Armando Ahued, que les responsables ont reçu des appels « des Etats-Unis et du Canada, des principaux laboratoires spécialisés, nous disant qu’il s’agissait d’un nouveau virus ».

Plusieurs pays latino-américains ont décrété l’alerte sanitaire ou annoncé des mesures préventives. L’Espagne a recommandé la prudence avant de se rendre au Mexique, et la France a annoncé l’installation d’un centre de crise. Le Quai d’Orsay a également mis en place une plate-forme de réponse téléphonique (01 45 50 34 60). Des informations sont également disponibles sur les sites Internet du ministère de la santé et de l’ambassade de France à Mexico.

Article du 26/04/2009
Aline T