Le Guatemala a appelé la communauté internationale à l’aide. Il a demandé une aide de 110 millions de dollars (75,5 millions d’euros) pour lutter contre la famine qui frappe les régions les plus pauvres du pays. Plus de 400 000 familles sont en situation de risque alimentaire, a annoncé le gouvernement guatémaltèque.

guatemala19092009-1Le président du Guatemala, Alvaro Colom, avait décrété mardi l’état de « calamité publique » face à l’ampleur des pénuries alimentaires responsables de plus de 460 décès depuis le début de l’année dans ce pays d’Amérique centrale, confronté à une sécheresse prolongée. Le Parlement devrait ratifier la semaine prochaine cette décision permettant « d’avoir accès aux ressources de la coopération internationale et de mobiliser des ressources budgétaires avec plus de facilités ».

« Nous devons nous occuper du problème de fond, structurel, historique. La vérité c’est que les gens meurent de faim parce qu’ils n’ont pas de ressources, parce que pendant des années ils n’ont pas eu la capacité de stocker des aliments », a dit Alvaro Colom. La famine s’est accentuée en raison des destructions de cultures de maïs et de haricots, les aliments de base de la population.

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Localisation géographique de la zone de famine

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé mardi à distribuer 20 tonnes de galettes nutritives dans 164 hameaux particulièrement touchés par de la famine.
Selon les Nations unies, 49% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique au Guatemala. C’est le taux le plus élevé de toute l’Amérique Latine et l’un des plus élevés du monde.

guatemala19092009-3Par contre, le flux de l’aide alimentaire baisse ces dernières années. En 2001, il y avait 10,9 millions de tonnes d’aides alimentaires mais ce nombre a baissé à 6,3 millions de tonnes en 2008, selon un graphique du PAM.

Mme Sheeran a précisé que le PAM avait pour objectif de nourrir 108 millions de personnes en 2009, mais qu’elle rencontre des problèmes budgétaires de l’ordre d’environ trois milliards de dollars américains.

Cette pénurie implique des réductions de rations et des coupes dans les programmes qui sont une bouée de sauvetage pour les populations souffrant de la faim dans le monde. Au Kenya, la crise alimentaire « a poussé environ quatre millions (de personnes) dans la famine » ; au Guatemala, les suppléments nutritionnels apportés à 100.000 enfants et à 50.000 femmes enceintes et allaitantes « ne tiennent plus qu’à un fil » ; au Bangladesh, le PAM atteint à peine un million de personnes sur les cinq millions prévues à cause de la pénurie.

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Perte des récoltes

Le PAM est la branche des Nations Unies responsables de la sécurité alimentaire dans le monde, et son financement dépend des donations volontaires des gouvernements et des autres organisations.

Mme Sheera espère que les gouvernements, les sociétés privées et l’opinion publique pourront tous aider le PAM à répondre à ces besoins urgents. Notamment avec l’Assemblée générale de l’ONU et le sommet du G20 à Pittsburgh en vue, on a l’opportunité de voir les dirigeants mondiaux mettre le dossier de la famine mondiale sur la table des discussions.

Article du 19/09/2009