Le président hondurien déchu Manuel Zelaya a demandé l’aide de la communauté internationale ce mardi à  afin de mettre en place dans les plus brefs délais l’accord de San José, qui prévoit son retour immédiat au pouvoir.

« Nous appelons la communauté internationale à suivre l’application de l’accord de San José », a déclaré M. Zelaya dans un communiqué rendu public mardi.

Il a également demandé au Congrès national d’agir immédiatement pour mettre en vigueur la restitution du président constitutionnel.

Il est essentiel de respecter les droits humains et le droit international, a affirmé M. Zelaya, écarté du pouvoir lors du coup d’Etat militaire du 28 juin dernier et exilé de force au Costa-Rica.

Selon un communiqué rendu public par l’ambassade du Honduras au Nicaragua, en vertu de l’accord signé vendredi à Tegucigalpa, le Congrès national doit agir de manière responsable et supprimer les décrets destinés à renverser M. Zelaya.

M. Zelaya, réfugié depuis le 21 septembre à l’ambassade du Brésil après son retour clandestin à Tegucigalpa, a indiqué que sa restitution est la seule façon de restaurer l’ordre constitutionnel au Honduras.

Il a précisé qu’il s’agissait du seul moyen pour le Honduras de retrouver sa place au sein de la communauté internationale, de lever les sanctions contre le régime de facto, et de veiler à ce que les prochaines élections soient tenues « dans un environnement de légalité, de légitimité, d’égalité d’opportunités ».

Le Congrès hondurien a présenté l’accord de San José à la Cour suprême pour une prise en considération.

 Le gouvernement putschiste de Roberto Micheletti a accepté jeudi que des accords soient signés après négociation, pour tenter de mettre fin à une crise politique qui paralyse le pays depuis quatre mois. Cet accord porte sur «la possibilité du rétablissement dans ses fonctions» de Manuel Zelaya, après approbation par le Congrès d’une proposition d’abord soumise à la Cour suprême.

Les négociations entre les deux camps rivaux avaient echoué la semaine dernière suite au refus de Micheletti d’organiser un vote au Congrès, comme Zelaya le souhaitait. Le président putschiste  voulait que la question soit posée à la Cour suprême de justice, qui a lancé 18 chefs d’accusation contre Zelaya, dont celui de «haute trahison». Elle accuse notamment le président déchu d’avoir voulu organiser une consultation populaire illégale pour ouvrir la voie à une réforme de la Constitution permettant la réélection du chef de l’Etat.

La secrétaire d’Etat américaine s’est félicitée vendredi de «l’accord historique» conclu au Honduras afin de mettre fin à la crise politique dans le pays, après le coup d’Etat du 28 juin.

 «Je tiens à féliciter le peuple du Honduras, ainsi que le président Zelaya et Roberto Micheletti pour être parvenus à cet accord historique», a déclaré à la presse le secrétaire d’Etat, en visite au Pakistan.

Ces déclarations surviennent alors que les deux parties ont repris le dialogue jeudi matin sous la pression du délégué américain pour l’Amérique latine, Thomas Shannon, envoyé à Tegucigalpa par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.
 
«Sans un accord, il sera difficile à la communauté interaméricaine de soutenir les élections» présidentielle et législatives, prévues le 29 novembre, a-t-il averti lors d’une conférence de presse.

L’accord prévoit que les deux parties reconnaîssent le résultat d’une élection présidentielle qui se tiendra le 29 novembre. L’accord prévoit en outre que l’armée passe sous le contrôle des autorités électorales suprêmes.

Toujours en vertu de cet accord, une « commission de vérité » sera mise sur pied pour enquêter sur les événements des derniers mois, et la communauté internationale se verra demander de lever les mesures de sanctions qu’elle avait prises.

L’administration de Barack Obama a suspendu une partie de l’aide américaine accordée au Honduras, après le putsch, mais s’est vu reprocher par certains pays d’Amérique latine de ne pas exercer suffisamment de pressions pour contraindre Micheletti et les putschistes à faire machine arrière.

L’échec des négociations entre opposants honduriens, survenu la semaine dernière, avait conduit Hillary Clinton à dépêcher une délégation américaine à Tegucigalpa afin de faire davantage pression en faveur d’un règlement négocié.