Le président de facto du Honduras Roberto Micheletti a annoncé jeudi soir la formation d’un gouvernement de réconciliation nationale, prévue dans l’accord de sortie de crise, mais sans ministres du président déchu Manuel Zelaya. Ce dernier a répondu sur Radio Globo que « l’accord était mort ».

L’accord de sortie de crise politique, qui avait été conclu le 30 octobre dernier entre les deux hommes, a en effet échoué.

Ce dernier prévoyait la formation d’un gouvernement d’union nationale, le vote du Congrès sur le retour de Manuel Zelaya à la présidence, l’organisation de l’élection présidentielle le 29 novembre comme prévu, ainsi que la mise en place d’une commission d’experts mandatée par les deux camps afin de superviser l’ensemble.
«L’accord a été mis en échec par la faute de Micheletti»

Un conseiller de Manuel Zelaya a dénoncé jeudi soir «l’échec» de l’accord par la faute du président putschiste. Même constat du côté de Jorge Arturo Reina, membre de la Commission de vérification de l’accord de sortie de crise: «L’accord a été mis en échec par la faute de Micheletti (…) et il n’a pas convoqué le Congrès national».

Mis au point la semaine dernière en présence de diplomates américains, l’accord donnait jusqu’à jeudi minuit pour former un gouvernement d’union nationale regroupant des représentants des deux camps. Un des négociateurs du camp Zelaya, Jorge Reina, a souligné que l’accord avait échoué car le Parlement n’avait pas voté sur un éventuel retour du président déchu au pouvoir avant la date-butoir
En effet, lorsque le putschiste Roberto Micheletti a accepté le 29 octobre dernier, après les pressions de la communauté internationale, l’éventuel retour au pouvoir du président déchu, une sortie de crise semblait envisageable.

C’était sans compter les nombreuses imprécisions dans les termes de l’accord conclu entre les deux camps, selon le journaliste Pablo Ordaz. «Un accord, que tout le monde a célébré comme la fin de la crise mais qui comporte de nombreuses lacunes, dont l’absence de précisions sur qui devait présider ce gouvernement d’union», a souligné le journaliste.

Peu avant minuit, Roberto Micheletti avait annoncé lors d’une allocution radiotélévisée la formation d’un gouvernement d’union nationale, même si Zelaya n’avait pas fourni de liste de candidats aux différents portefeuilles ministériels.

Dix minutes avant l’expiration de l’heure-limite pour la restitution de Manuel Zelaya à la présidence, Roberto Micheletti a annoncé en pleine nuit la formation d’un gouvernement d’«unité et de réconciliation», sans les ministres du camp du président déchu.

Selon le président de facto, le cabinet est composé de candidats proposés par des partis politiques et des organisations civiles.