C’est avec beaucoup de dévotion et de joie que les festivités du carnaval d’Oruro en Bolivie ont débuté ce dimanche 8 novembre 2009.

Le coup d’envoi officiel du carnaval d’Oruro, inscrit au Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité de l’Unesco depuis 2001, a été donné avec le premier défilé folklorique, il se caractérise par la participation de centaines d’ensembles de danseurs et de groupes musicaux appelés « bandas ».

Ces groupes ont ouvert le programme du traditionnel carnaval d’Oruro, ils se sont dirigés vers l’église Virgen del Socavón pour réaffirmer leur foi et promettre de danser en l’honneur de « Mamita del Socavón  » durant les trois prochaines années, ils témoignent ainsi de leur engagement et de leur foi envers la patronne des mineurs.

bolivie09112009-1L’origine du carnaval est un exemple parfait du syncrétisme religieux andin, un mélange de croyances préhispaniques et de culte catholique.
La majorité des danses boliviennes expriment la rebellion des communautés natives contre l’envahisseur espagnol qui instaura dès le début de la Conquête l’exploitation des richesses et l’exploitation de la main-d’oeuvre indigène  au profit de la couronne de Castille. Les premiers groupes folkloriques donnent d’ailleurs à leurs représentations chorégraphiques un fort sentiment idéologique, caricaturant les conquistadores.

Par exemple, la Diablada montre la rebellion contre le système de la Mita ou travail obligatoire dans les mines d’argent de Potosi. C’est une protestation contre l’imposition de la religion et des valeurs européocentristes.

Le défilé propose un foisonnement de costumes et de couleurs, il est rythmé par la danse et la musique ce qui attire chaque année un grand nombre de visiteurs dont des milliers de touristes étrangers.

Les Boliviens se plaisent à dire que le carnaval d’Oruro est la plus grande fête d’Amérique du Sud, plus grande encore que le carnaval de Rio !

Ils y mettent en tout cas les moyens : près de 30 000 danseurs et musiciens sont de la partie. Quant aux spectateurs, ils sont 500 000 chaque année venus de tout le pays et de plus loin encore.