Le président du Paraguay, Fernando Lugo, a ordonné lundi qu’une enquête soit ouverte suite à l’incident qui a provoqué la semaine dernière l’intoxication de 200 indigènes. Le ministère de la santé publique a confirmé que des membres de la communauté Ava Guarani, du département de Alto Parana, situé au sud-est du pays, ont bien été intoxiqués par des produits pétrochimiques.

« Nous avons constaté l’ intoxication effective des membres de cinq communautés indigènes situées dans la localité de Itakyry, toutes victimes de retombées toxiques suite à un largage aérien », a signalé la secrétaire à l’environnement (SEAM).

Le ministre de la santé publique, Esperanza Martinez, a affirmé que 200 personnes souffrent actuellement de céphalées, nausées et vomissements, suite à l’inhalation d’un produit toxique diffusé par les voies aériennes.

Les terres qui ont été contaminées couvrent environ 15 000 ha, et font l’objet d’une vive querelle entre indigènes et producteurs de soja brésiliens.
Selon l’institut national dédié à la cause indigène du Paraguay (INDI), les cultivateurs de soja aspergent la zone pour inciter les indigènes à quitter leur habitat naturel, des terres qu’ils revendiquent au nom de l’appartenance ancestrale.

Pour sa part, l’avocate Nidia Silvero de Prieto, qui affirme représenter les producteurs agraires, nie les accusations de la ministre Martinez et a signalé qu’il s’agissait d’une campagne de dénigrement à l’encontre des producteurs de soja.

Selon Silvero de Prieto les représentants détiennent des titres de propriété sur les terres en question, zone occupée par les natifs ces neuf derniers mois.
L’avocate a affirmé qu’elle attaquerait la ministre de la santé afin qu’elle prouve ses dires et qu’elle justifie les accusations emises envers les producteurs de soja.

Pendant ce temps, les colons brésiliens ont obtenu un ordre d’expulsion afin de déloger les indigènes, mais ces derniers s’y opposent.

Des fonctionnaires de la SEAM ont effectué le déplacement pour vérifier les faits et dénoncer les abus, comme la destruction d’un cimetière et d’une école indigène au moyen de tracteurs.

Après avoir reçu les différents comptes-rendus de cet organisme et d’autres organismes d’État, le président a ordonné une enquête afin de trouver les coupables de cette contamination.