Le gouvernement du Pérou a considérablement haussé le ton envers la minorité indigène d’Amazonie. Ce dernier a saisi la justice afin de dissoudre le collectif indigène le plus représentatif du pays pour son implication dans des violences qui avaient causé la mort de 34 personnes en juin.

La tentative sans précédent du gouvernement péruvien de réduire à néant le mouvement indien d’Amazonie a été condamnée par des leaders indigènes du monde entier.

L’Association inter-ethnique de développement de la forêt péruvienne (AIDESEP), qui  représente selon des estimations, 1.350 communautés dispersées sur 65 ethnies (soit approximativement 400.000 individus) a réagi  à cette intention de « réduire au silence » les masses indigènes en convoquant les principaux chefs indigènes ou « apus »  à une « réunion extraordinaire ».

En effet, le Pérou souhaite quasiment tripler sa production d’hydrocarbures d’ici 2015, pour atteindre 400.000 barils quotidiens, entre pétrole et liquides de gaz, a annoncé le président du groupe pétrolier public Petroperu.
De fait, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de renouer avec la croissance record de 2007-2008 et décrété que « rien n’arrêtera l’exploitation du pétrole en Amazonie ».

Une « forte activité exploratoire donne des résultats incitant à l’optimisme » dans la partie amazonienne du nord péruvien. Entre pétrole et liquides de gaz, « on parle de 400.000 barils par jour d’ici 2015 « , a-t-il déclaré, soulignant « l’intérêt démultiplié pour le Pérou de firmes pétrolières » étrangères.

Dans l’histoire, l’Amazonie, qui représente près des trois quarts du territoire péruvien, a toujours été considérée par les régimes successifs comme une terre vierge à peupler et à exploiter. Depuis les années 1970, l’Etat encourage à ce titre les investissements étrangers en direction de la région, favorisant ainsi l’entrée des industries du bois, du pétrole et du gaz sur le territoire amazonien.

Ces perspectives ne semblent pas en adéquation avec une politique  de préservation de la forêt péruvienne et de ses habitants dans leur milieu naturel.