La Colombie souhaite saisir le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Organisation des États américains (OEA) face aux menaces émises par le président Hugo Chavez, qui a appelé son armée à se « préparer pour la guerre ».

En effet, le gouvernement colombien a annoncé dimanche qu’il souhaitait saisir le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Organisation des Etats américains (OEA) face aux « menaces de guerre » émises par Caracas.

« Face aux menaces de guerre proférées par le gouvernement du Venezuela, le gouvernement de Colombie se propose de faire appel à l’OEA et au Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré la présidence dans un communiqué.

Cette déclaration a été faite alors que, quelques heures auparavant, le chef de l’Etat vénézuélien Hugo Chavez avait appelé son armée à se « préparer pour la guerre » et à apprendre au peuple « à défendre la patrie ».

Hugo Chavez juge abusif  l’accord conclu en octobre par la Colombie et les Etats-Unis qui permet à l’armée américaine de faire usage d’au moins sept bases situées en Colombie, ce qui constitue selon lui une menace directe contre son pays.

Depuis que le projet d’accord a été rendu public, en juillet, le Venezuela, qui possède une frontière commune avec la Colombie sur environ 2.000 km, a rompu le dialogue avec Bogota et les rapports entre les deux pays s’avèrent à nouveau tendus.

Les échanges commerciaux bilatéraux ont diminué considérablement et plusieurs incidents survenus à la frontière ont également envenimés la situation (dix personnes ont été tués à la frontière entre les deux pays dont huit Colombiens, un Vénézuélien et un Péruvien).

Ces meurtres ont aggravé les relations déjà tendues entre le Venezuela et la Colombie. En effet, Caracas accuse une des factions paramilitaires colombiennes d’avoir enlevés les dix hommes le 11 octobre puis de les avoir tués. Le président colombien Alvaro Uribe a attribué dimanche les assassinats au « terrorisme international », sans donner davantage de détails.
 
Caracas a par ailleurs accusé des agents colombiens d’espionnage et affirmé que des paramilitaires colombiens s’infiltraient dans son pays.

Selon Caracas, des agents de la DAS ont été « repérés en train de se livrer à des travaux d’espionnage ». Sans plus de détails, le gouvernement vénézuélien affirme que ses services ont saisi des documents faisant référence à un « grand complot destiné à déstabiliser le Venezuela ».
« La Colombie n’a fait et ne fera aucun geste d’agression (…) et reste disposée à un dialogue franc », réaffirme Bogota dans un communiqué officiel diffusé dimanche soir par la présidence.