Des organisations patronales de la ville meurtrie de Ciudad Juarez, ville située à la frontière avec les États-Unis, ont réclamé auprès de l’ONU l’intervention des forces de paix pour freiner la croissante augmentation des violences qui affectent la région, a déclaré ce mercredi des représentants.

« Nous demandons l’intervention des casques bleus de l’organisation des Nations unies pour contrôler le fort niveau de criminalité » a déclaré à la presse la présidente de l’association des  Maquiladoras (usine qui bénéficie d’une exonération des droits de douane pour pouvoir produire à un moindre coût des marchandises) de Ciudad Juarez , Soledad Maynez.
Cette localité du Mexique la plus violente du pays (1,3 millions d’habitants environ), où les forces armées sont déployées en nombre, possède le plus fort taux de criminalité au monde avec 150 meurtres pour 100 000 habitants.

Le gouvernement a déployé plus de 5.000 soldats dans cette ville à la frontière avec les Etats-Unis, la plus touchée par la guerre de la drogue qui fait rage dans le pays. Mais les meurtres, les extorsions et les enlèvements se poursuivent.

mexique13112009-1Entre le début de l’année et mi-octobre, 1.986 homicides ont été commis à Ciudad Juarez, soit environ sept crimes  par jour dans cette ville.

« Nous avons vu les soldats de maintien de la paix de l’ONU se rendre dans d’autres pays ayant beaucoup moins de problèmes que nous », a ajouté M. Murguia, président de la Chambre Nationale de Commerce, des Services et du Tourisme.

La leader des Maquiladoras ou zones franches , l’une des principales activités de la ville, a indiqué « que le manque d’implication aux trois niveaux de l’État a conduit les entreprises locales a demandé l’aide des Nations unies comme par le passé ». En effet ces derniers étaient déjà intervenus, dans les années 1990, lors de la vague d’assassinats et de violences sexuelles commis envers des femmes.
« On doit favoriser la mise en place de la police militaire de l’ONU et des États-Unis afin de combattre la délinquance, car au-delà des homicides, il y a un grand nombre d’enlèvements et d’extorsions de fonds qui a poussé bon nombre de commerçants à fermer leurs affaires, a déclaré Daniel Murguia. La sécurité a réduit à néant l’activité commerciale de Ciudad Juarez.

Selon Soledad Maynez, présidente de l’Association des zones franches de Ciudad Juarez, l’opération que mène la police conjointement avec l’armée pour réprimer le crime est un échec.