« Chacaltaya, glacier archi-millénaire, a disparu, le glacier n’existe plus ». Constat inquiétant émis par Edson Ramirez, chef d’une équipe internationale de chercheurs qui surveillait l’évolution du glacier depuis 1991. Culminant à 5 395 mètres d’altitude du côté bolivien de la Cordillère des Andes, ce glacier était vieux de 18’000 ans et avait commencé à diminuer dans les années 1980.

Il y a une dizaine d’années, rapporte l’envoyé spécial du journal américain The Miami Herald, Edson Ramirez avait estimé que le glacier pourrait perdurer jusqu’en 2015. Mais le taux de fonte a quasiment triplé dans la dernière décennie. Pour les chercheurs, cela pourrait s’expliquer par l’interaction à très haute altitude du cumul de gaz à effet de serre et de l’élévation des températures globales moyennes. Il se pourrait par conséquent que d’autres glaciers de la région, dans le massif d’Illimani par exemple, fondent plus rapidement que ce qui était prévu.
 
Chacaltaya était connu depuis très longtemps comme la piste de ski la plus élevée du monde, par ailleurs équipée d’un remonte-pente rudimentaire. Ce géant de Bolivie où l’on venait skier il y a 15 ans sur «la piste la plus haute du monde» (5.300 m) et où l’on se presse à présent pour voir les derniers mètres carrés de neige.
 
Autour de Chacaltaya, la Cordillère royale de Bolivie a perdu 43% de sa surface en 33 ans et le scénario accéléré s’y répète avec plus ou moins d’acuité, comme sur son voisin, le Huayna Potosi (6.088 m), ou le majestueux Illimani (6.462 m), qui domine la capitale La Paz.
 
On peut dire que les glaciers des Andes tropicales ont perdu de 30 % à 100 % de leur surface depuis 30 ans », explique Bernard Francou, glaciologue français de l’Institut de recherche pour le développement. 
 
bolivie15112009-1« Les mesures montrent que les glaciers andins perdent en moyenne un mètre d’eau en épaisseur chaque année », indique Bernard Francou. Les Andes tropicales constituent un indicateur en termes d’altitude et de latitude de l’évolution du climat, les modèles montrant un réchauffement plus intense au-dessus de 4 000 m.
 
Comme d’autres villes boliviennes, la ville impériale de Potosí connaît des températures qui dépassent depuis plusieurs jours les 20 degrés .
Pour une ville située à 3800 m d’altitude au-dessus du niveau de la mer et enclavée dans la rocaille de l’Altiplano bolivien, 20° est une température excessive et la majorité de ses habitants se plaignent de la chaleur.
 
« Il fait trop chaud » est la phrase la plus répétée depuis ces derniers jours, le nombre de glaces vendues et de rafraîchissements a tellement augmenté que le distributeur régional de Coca-Cola a des difficultés à approvisionner les boutiques de la région.
 
En réalité,  Potosí est une ville où les glaces sont omniprésentes, on peut en trouver y compris pendant les jours les plus froids de l’hiver, en les consommant le corps ne produit pas de froid mais de la chaleur, il s’agit d’un mécanisme d’autorégulation que l’organisme met en place pour se défendre.
 
L’effet majeur de la chaleur est la déshydratation, ce qui a conduit la population à préparer des rafraichissements maison comme des boissons gazeuses ou la traditionnelle bière de Potosí. Le plus difficile reste de trouver la « thaya » une glace locale réalisée à partir de tubercules et de colorants, mais celle-ci ne peut être preparée que si la température nocturne est suffisamment basse ce qui n’est pas le cas en ce moment.
 
Il ne s’agit pas de la première fois qu’une vague de chaleur sévit  dans cette localité andine. Depuis que le réchauffement climatique mondial a commencé la température de la ville varie de façon significative, et plus particuliérement  cette année. Comme le taux d’humidité n’est pas haut, il oscille entre 20 %, la chaleur est facilement supportable si l’on se rafraîchit en prenant des douches et en buvant régulièrement. En contrepartie cette chaleur a provoqué une forte sécheresse qui menace les récoltes en milieu rural tout particulièrement au sud-ouest où l’on produit la fameuse quinoa royale.