Des milliers de Nicaraguayens ont manifesté samedi à Managua en signe d’opposition contre un nouveau mandat du président Daniel Ortega. Les fidèles du chef de l’Etat ont accepté de repousser leur propre défilé afin d’éviter des heurts éventuels.

La manifestation de l’opposition a réuni environ 50.000 personnes, ont déclaré les organisateurs. De leur côté, les partisans du gouvernement de gauche attendaient jusqu’à 300.000 personnes pour fêter le premier anniversaire de leur victoire aux élections municipales de 2008 – un scrutin considéré  comme  « frauduleux » par la droite.

nicaragua22112009-1Vociférant dans la rue des slogans  « démocratie, oui, dictature, non » ou « qu’il (Ortega) s’en aille », les opposants ont entamé une marche de six kilomètres, qui s’est achevée sans incidents devant le siège du Conseil électoral suprême (CSE), a précisé un correspondant de l’AFP.

L’opposition, appuyée par l’influente Eglise catholique, le patronat et des organisations de la société civile, demande entre autres la destitution des magistrats de ce conseil, jugés en majorité proches du gouvernement Ortega, afin de permettre la transparence de la prochaine élection présidentielle prévue en 2011.

Les manifestants sont venus de tout le pays en autocars ou en camionnettes pour scander: « le caïman s’en va, le caïman s’en va, il s’en va au Venezuela », en référence à M. Ortega et à son ami, le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de la mouvance de la gauche radicale du continent latino-américain

M. Ortega dirige pour la deuxième fois le Nicaragua. Après la révolution qui l’a mené au pouvoir avec le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) en 1979, il est resté à la présidence jusqu’en 1990. Il a été réélu à la magistrature suprême en 2007.

La délégation de l’opposition était entourée d’un important dispositif de sécurité encadré par le chef de la police, Aminta Granera, en personne.

Plus de 7.000 représentants des forces de sécurité étaient déployés dans la ville. Mme Granera a été critiquée pour avoir donné son aval à une autre manifestation le même jour, celle-là de soutien à M. Ortega.

Afin d’éviter d’éventuels heurts entre camps opposés, les partisans du président Ortega ont pris la décision de décaler leur manifestation de soutien de plusieurs heures.

En début d’après-midi, les opposants et partisans ont commencé à arriver en masse, également de tout le pays, vers un lieu situé à quelques 150 mètres de là où la manifestation à l’encontre du président se dispersait.