Tandis que deux années se sont écoulées depuis la légalisation de l’avortement dans le District Fédéral, plus de la moitié des Etats mexicains ont adopté des textes de loi qui interdisent la pratique de l’avortement. Le dernier État en date ayant adopté une loi contre l’avortement concerne le département de Veracruz, ce qui donne un nouveau visage au Mexique puisque dorénavant 17 départements sur 32 ont adopté un cadre légal qui interdit les interruptions volontaires de grossesse.

« Il s’agit d’une décision qui respecte la vie humaine dès la conception, n’importe quel défenseur des droits humains sait que le premier droit qu’il faut respecter est le droit à la vie » a déclaré le porte-parole de l’archidiocèse de Xalapa, Quintín López.

À l’origine de ce mouvement antiavortement nous retrouvons les représentants de l’église catholique qui prônent un durcissement des peines à l’encontre de ceux qui violent la loi et qui permettent les IVG.

Des défenseurs des droits à l’avortement ont manifesté leur mécontentement face aux changements législatifs « il semble que le virage pris par les politiques soit indigne et tire clairement vers une tendance ultraconservatrice.

« Des duels politiques sont en train de se jouer sur le corps des femmes. Les politiciens se moquent qu’une femme violée tombe enceinte et se voit contrainte et forcée de mener à terme une grossesse non désirée » a déclaré Mariana Winocur porte-parole du groupe d’Information sur la Procréation Choisie.

L’avocat Bernardino Esparza a déclaré à la BBC Mundo que, pour qu’une réforme constitutionnelle soit adoptée, il fallait que le deux tiers des votes du congrès aillent dans le même sens, puis que le projet soit ratifié de la part des Congrès Etataux, un processus qui peut demander un long temps d’attente.

Le parlement mexicain est majoritairement dominé par le Parti de la Révolution Démocratique (PRI) et le gouvernement du Parti d’Action Nationale (P. A. N), de telle sorte que, si les collectivités parviennent à un accord, il est possible que la réforme de la constitution soit entérinée assez vite.

Les analystes ont exprimé que cette nouvelle vague de la cause anti-avortement s’explique par le lobby exercé par l’église catholique au niveau local, mais aussi par l’accord politique conclu au niveau des congrès d’État entre le P. A. N. et le PRI, ainsi que la hiérarchie ecclésiastique.

 Actuellement, le District Fédéral est l’unique entité qui légalise la pratique de l’avortement  les 12 premières semaines de grossesse. Le thème suscite également  la discussion dans les secteurs de Aguascalientes y Michoacán.