Un groupe d’indigènes Aché a débuté lundi 14 décembre l’occupation du parc national Caazapa, au Paraguay, afin de protester contre le déboisage abusif et l’incapacité du gouvernement à déclarer les habitants comme les garants de cet habitat naturel. « Nous occuperons les lieux jusqu’à ce que les autorités agissent en conséquence » a déclaré Emiliano Mbejivagi de la Fédération des Natifs Aché du Paraguay, alors qu’ils annonçaient l’occupation de la réserve naturelle, qui représente quelques 16 000 ha et qui se situe à environ 230 km au sud-est d’Asuncion.

La mesure protestataire a été décidée par l’une des sept tribus du peuple Aché, représentants de la communauté Ypetimi, résidant à 30 km au nord du parc Caazapa. Les indigènes ont réclamé que l’État leur accorde la protection de la zone qui est à ce jour mise à mal par des délinquants qui taillent et vendent le bois « avec la complicité des fonctionnaires chargés de la protection » a signalé Mbejivagi . En accord avec les explications du leader Aché, « nous réclamons le droit depuis 10 devant les instances institutionnelles de protéger cette zone».

Pour sa part le directeur des zones protégées du secrétaire à l’environnement (S. E. A. M.), Raul Alonso, a déclaré que la situation s’avère complexe car au départ « ils ne voulaient être que les protecteurs de cette zone mais aujourd’hui  ils souhaitent être propriétaires de ces terres. »

« Ceci n’est pas de notre ressort, car il s’agit d’un territoire inaliénable et intransmissible, et seul le congrès national peut décider de sa concession au moyen d’un décret » a-t-il expliqué.
Cependant, les autorités du Paraguay s’opposent à l’expropriation du parc national et à sa concession aux indigènes qui réclament les terres et possèdent 1600 ha de la communauté Yptemi « Le problème resurgit parce que 800 ha ont été déforestés et cédés à des producteurs de soja pour les convertir en exploitation agricole » a affirmé Alonso.

Dans le parc national de Caazapa, on a répertorié la présence de 150 espèces d’oiseaux, dont 53 espèces sont menacées. Sur 18 espèces de mammifères plusieurs d’entre elles sont en voie de disparition.

Le fonctionnaire de la S. E. A. M. a donné raison aux indigènes en expliquant que la zone subissait de grandes pressions de la part des producteurs de soja et des exploitants de bois. « Nous luttons contre le trafic de bois précieux » a signalé Alonso et « nous rejetons toute implication des gardes- forestiers dans ces faits illicites ».

 » Il n’y a aucune preuve d’une éventuelle participation de fonctionnaires au trafic illégal » a-t-il assuré. Avec la présence d’agents de police et de représentants de la justice, les autorités sont disposées à négocier avec les indigènes face à un conflit qui perdure depuis des années.