Le rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales des peuples autochtones auprès des Nations-Unis,  James Anaya, a fait part de « sa préoccupation extrême » concernant la survie des communautés indigènes de Colombie.  Par conséquent, le nord-américain a exprimé son inquiétude quant à la possible survivance des cultures autochtones sur le territoire colombien.

En effet, la Colombie est un pays menacé par la violence, a annoncé mercredi 13 janvier l’ONU, la guérilla des FARC, qui est la plus ancienne à sévir sur le territoire, semble selon l’observateur des Nations-Unis faire fi des principes fondamentaux relatifs aux droits de l’homme et au droit international humanitaire.

« J’ai eu connaissance d’informations faisant état d’une situation de violence visant les peuples indigènes extrêmement inquiétante », a-t-il rédigé dans un rapport remis le 13 janvier où il regrette également que les indiens aient à subir des « déplacements forcés » et des situations d’ « isolement ».

« La violence et d’autres crimes menacent la survie physique et culturelle », de ces populations, a-t-il encore écrit en estimant que l’Etat colombien n’affrontait pas cette situation avec le degré « d’urgence » qu’elle exigerait.

Il a également ajouté que « selon les informations reçues, ce groupe (FARC) est le principal responsable de l’assassinat d’indigènes et d’autres crimes graves », qui touche de manière démeusurée ces groupes ethniques minoritaires.

Anaya a également exigé des FARC qu’ils abandonnent le recrutement forcé, ainsi que « l’enrôlement d’enfants indigènes et l’utilisation de mines antipersonnel ». Le directeur de la police, le Général Oscar Naranjo, a déclaré que depuis le début de l’année, 59 indigènes ont été assassinés dont au moins 22 membres de l’ethnie Awá qui ont été massacrés au début de l’année dans le département de Nariño.

Durant sa visite en Colombie, James Anaya a rencontré le président Uribe, des ministres, des magistrats de la Cour Constitutionnelle, des fonctionnaires de plusieurs organes d’Etat, ainsi que des représentants des communautés aborigènes, à Bogotá mais aussi dans les départements de Nariño et Cauca.

Monsieur Anaya, qui s’est rendu en Colombie du 23 au 27 juillet, a émis un constat sévère « La situation des droits des peuples indigènes en Colombie est grave, critique et alarmante…ce que l’ancien Rapporteur spécial sur les peuples indigènes, Rodofo Stavenhagen, avait dit lors de sa visite en Colombie en 2004 est toujours valable aujourd’hui, en dépit d’un certain nombre d’importantes initiatives prises par le gouvernement colombien ces dernières années. »

L’ONIC (Organisation Nationale des Indigènes de Colombie) estime que les Nukak comportent environ 490 individus, dont 40% ont été refoulés de leurs territoires habituels vers la périphérie de la ville amazonienne de San Jose Guaviare, au sud-est du pays. Au cours des vingt années qui ont suivi le premier contact continu des Nukak avec le monde extérieur, la moitié de leur population a disparu.

En décembre, les Nations-Unies s’étaient déjà inquiété de l’augmentation en 2009 du nombre d’ assassinats parmi la population autochtone, au nombre de 94 entre janvier et octobre 2009, soit une hausse de 64% par rapport à la même période de l’année 2008.

L’organisation indigène nationale de Colombie, ONIC, a alerté les Nations-Unies du danger d’extinction pesant sur les Nukak, derniers chasseurs-cueilleurs du pays.

« L’histoire des Nukak démontre la rapidité avec laquelle une communauté indigène peut être réduite et comment sa culture peut s’éroder », indique le rapport de l’ONIC.

 James Anaya a par ailleurs signalé des problèmes d’accession  à la terre, les indigènes de Colombie, qui représentent 3% de la population, revendiquent leur neutralité dans le conflit opposant l’armée régulière,les paramilitaires de droite et les guérilleros d’extrême-gauche, sans toutefois réussir à se faire respecter par ces groupes qui souvent luttent violemment pour le contrôle des terres et des ressources naturelles.

La Colombie compte parmi sa population un million d’indigènes appartenant à plus de 80 communautés différentes. Selon l’ONIC, les Indiens natifs sont de plus en plus souvent pris dans les feux croisés d’un conflit qui ne les concerne pas.

« Les terres qu’on nous a données sont les plus inhospitalières, et des hommes armés nous les disputent », dénonçait récemment Luis Evelis Andrade, le président de l’ONIC, dans un récent entretien à l’Associated Press.

Selon l’Organisation nationale des indigènes de Colombie, plus de 1.200 d’entre eux ont été tués depuis 2002. Monsieur Anaya souhaite sensibiliser l’opinion publique face au danger qui menace sévèrement l’intégrité physique, morale et culturelle des peuples autochtones de Colombie.