La leishmaniose, est une maladie peu connue et peu évoquée, pourtant selon l’ONU cette pathologie touche 12 millions de malades à travers le monde. Elle constitue un problème de santé fréquent en Bolivie, au Pérou, en Equateur, et en Colombie.

L’Institut de recherche pour le développement et ses partenaires se sont intéressés à la perception de cette maladie par les Amérindiens Chayahuitas. Après avoir classé et observé attentivement leurs usages médicinaux, les scientifiques ont pu remarquer des plantes aux principes actifs qui pourraient, après étude, faire parti d’un protocole thérapeutique.

La maladie est transmise à l’homme par la piqûre des femelles phlébotomes, un moucheron insignifiant qui vit aux pieds ou aux sommets des arbres, ou bien dans les litières, la maladie peut apparaitre sous trois formes : la leishmaniose cutanée, la leishmaniose muco-cutanée et la leishmaniose viscérale.

A l’heure actuelle, aucun vaccin n’a été mis au point pour soigner cette maladie, il n’existe aucun médicament prophylactique susceptible d’être totalement efficace.

Toutefois, les chercheurs de l’IRD ont noté que les indiens Chayahuitas -une population réunissant 16 000 individus répartis dans le nord-est du Pérou– ont recours avec efficacité à des plantes médicinales locales comme moyen de substitution aux traitements existants.

En raison de l’importance qu’ils confèrent à l’humidité de la plaie comme signe évident de cette affection, les Chayahuitas administrent leurs remèdes sous forme de poudre de plantes séchées ou réduites en cendres, déposée en cataplasme à même l’ulcération.

Au total, ils développent 53 phytomédicaments différents à base d’une trentaine d’espèces végétales.

Selon l’O.M.S, la maladie menace 350 millions de personnes. Elle établit  à 12 millions le nombre des personnes atteintes, vivant principalement dans des zones de pauvreté et isolées.
La leishmaniose affecte environ 1,5 à 2 millions de personnes chaque année. La maladie est responsable de milliers de décès (dont 70% d’enfants) et laisse des milliers de personnes avec des infirmités très handicapantes.

Caractéristiques des 3 formes de leishmaniose aux manifestations plus ou moins graves :

  • la leishmaniose viscérale
    Le parasite coupable est le Leishmania donovani, également connue sous le nom de Kala Azar. La leishmaniose viscérale constitue la forme la plus grave de la maladie. Si elle n’est pas traitée, le taux de létalité est de 100%. Elle se caractérise par des poussées de fièvre irrégulières, une perte de poids, une hépatosplénomégalie et une anémie.
  • la leishmaniose cutanée
    Elle est causée par Leishmania tropica, Leishmania mexicana, Leishmania major. C’est une papule prurigineuse rouge sombre, généralement unique, siègeant sur une région découverte, le plus souvent au niveau de la face, qui se vésiculise, s’ulcère, s’infiltre en profondeur et se recouvre de fines squames évoluant très lentement (bouton d’un an) sous forme séche ou sous forme humide, vers la guérison au prix d’une cicatrice indélébile.
  • la leishmaniose cutanéo-muqueuse
    Elle est causée par Leishmania braziliensis. Elle se distingue de la précédente par une ulcération plus extensive, plus profonde et d’évolution plus torpide, par une propagation cutanée à distance, enfin et surtout par une atteinte des muqueuses de la face souvent extrêmement mutilante. Les lésions peuvent en effet conduire à une desctruction étendue et défigurante des muqueuses du nez, de la bouche et de la gorge.