Le président du Mexique Felipe Calderon et l’ambassadeur des États-Unis au Mexique se sont rendus conjointement le 16 mars à Ciudad Juarez (nord du Mexique) pour montrer leur détermination commune face aux cartels de la drogue qui contrôlent la ville et sèment la violence, traficants qu’ils jugent également coupables du meurtre d’un couple d’Américains.

La présence de l’ambassadeur Carlos Pascual au côté de M. Calderon offre l’image d’une parfaite collaboration entre Washington et Mexico contre le narcotrafic à grande échelle, dans la ville frontalière avec le Texas qui est considérée comme l’une des plus dangereuses au monde.

Le déplacement de M. Calderon à Ciudad Juarez avait été planifié après le massacre survenu lors d’une soirée étudiante pendant une fête organisée le 31 janvier 2009 par des jeunes lycéens et étudiants.

Cette visite en binôme revêt cependant une signification particulière, après les meurtres samedi d’une employée américaine du consulat local des États-Unis, de son mari américain et de l’époux mexicain d’une autre collaboratrice du consulat, qui pourraient s’apparenter à un défi lancé à la lutte antidrogue américano-mexicaine.

Washington et Mexico ont incriminé le gang des «Aztecas», des tueurs à gage du puissant cartel de la drogue mexicain dit «de Juarez», d’être les instigateurs de ces homicides.

De telles violences coordonnées contre des représentants officiels des États-Unis constituent une première au Mexique. Washington veut «déterminer si les victimes ont été délibérément visées», ce qui témoignerait de l’ambition des trafiquants de défier en même temps les États-Unis et le gouvernement mexicain.

Le FBI a dépéché des agents à Ciudad Juarez afin de participer à l’investigation. Washington et Mexico collaborent déjà de façon étroite dans la lutte contre les cartels. Le programme antidrogue américain dit de «l’Initiative de Merida» a prévu d’octroyer une aide financière de l’ordre de 1,4 milliard de dollars pour Mexico.

Le président Calderon s’est déplacé en terrain miné à Ciudad Juarez, où les associations civiles luttant contre la criminalité demandent à son gouvernement des moyens concrets pour assurer la sécurité d’une population exaspérée par les massacres sanglants imputés aux cartels.

Avec plus de 2600 meurtres commis pour l’année 2009, Ciudad Juarez, 1,3 million d’habitants, constitue un véritable champ de bataille pour les cartels qui s’opposent pour contrôler le trafic de drogue et l’approvisionnement de l’énorme marché des États-Unis, le consommateur de cocaïne le plus important au monde.

Un jour de deuil a par ailleurs été décrété ce mardi 16 mars pour rendre hommage aux trois personnes liées au consulat des Etats-Unis de Ciudad Juárez et la représentation diplomatique a fermé ses portes.

Selon le Département d’Etat, l’ambassade des Etats-Unis à Mexico déconseille aux ressortissants américains de se rendre dans les Etats mexicains de Durango, Coahuila et Chihuahua.

Le président du Mexique s’est engagé à opérer dans un délai de 100 jours pour mettre en place 160 mesures d’urgence concernant la santé, l’éducation, la sécurité, la pauvreté ou l’emploi. Près de 174 millions d’euros ont été débloqués pour ce projet sécuritaire, élaboré en collaboration avec la société civile et le gouvernement.