L’armée mexicaine a annoncé un retrait progressif de ses effectifs actuellement déployés à Ciudad Juarez, afin de laisser la place à la police fédérale qui sera en charge dès lors du maintien de l’ordre.

« L’armée mexicaine déléguera progressivement ses responsabilités de sécurité publique aux autorités civiles, dans un premier temps aux fédéraux et au fur et à mesure aux instances d’État du Chihuahua et aux municipalités », a annoncé la secrétaire d’État.

L’objectif est qu’à court terme « soit rétablie la normalité institutionnelle », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Dans cette optique, la police fédérale comptera sur 4500 agents en renfort répartis sur toute la ville, tandis que la police d’État et la police municipale bénéficieront respectivement de 200 et 2800 hommes supplémentaires pour appuyer le rôle des fédéraux.

Durant ce processus de transition, l’armée qui compte 6000 militaires déployés sur Ciudad Juarez continuera à prêter main-forte à la police et à contrôler les points clés.

Cette décision marque la fin de la polémique concernant le déploiement militaire dans cette zone de violence, ce recours avait été décidé en décembre sous l’impulsion du président Felipe Calderón. Ce point a soulevé de nombreuses polémiques de la part de certains secteurs de la population qui soutiennent que cette présence alimente le trafic des narcotrafiquants au lieu d’en enrayer la violence.

De nombreux crimes ont été perpétrés à Ciudad Juarez par les cartels de la drogue, aujourd’hui la ville est considérée comme l’une des plus dangereuses au monde.

Selon des chiffres officiels, 2500 personnes ont été tuées cette année, et 16 000 sur les trois dernières années.

L’augmentation de l’activité des trafiquants a également mis en état d’alerte les États-Unis voisins. L’assassinat, la semaine passée, d’un fermier de l’Etat voisin, en Arizona, a été imputé aux cartels de la drogue mexicains, ce qui a suscité l’inquiétude de certains secteurs de la population résidant dans le sud-ouest des Etats-Unis.

Il y a peu, le gouverneur de l’État du nouveau Mexique, Bill Richardson, a envoyé la Garde Nationale à la frontière pour renforcer la sécurité. La secrétaire d’État aux États-Unis, Hillary Clinton, a promis que les États-Unis allaient renforcer leur coopération dans la lutte contre le trafic de drogue alors qu’elle était en visite la semaine dernière au Mexique.  Selon ses propos, il y a encore beaucoup à faire, de chaque côté de la frontière, pour freiner le trafic de drogue, la vente d’armes illégales et l’argent sale.