La Bolivie a ouvert le 19 avril à Cochabamba, pour une durée de 3 jours, un Sommet alternatif  « La Conférence mondiale des peuples sur le Changement climatique et les Droits de la Terre mère » (Primera Conferencia Mundial de los Pueblos sobre Cambio Climático y los Derechos de la Madre Tierras) sur le changement climatique dans le but de trouver des moyens concrets de lutter contre ce phénomène et les bouleversements qu’il engendre sur les populations.

Dans le cadre de cette conférence sont réunis des représentants des communautés indigènes, des organisations sociales, des O.N.G. des défenseurs actifs de l’environnement et des personnalités connues.

L’intellectuelle canadienne Naomi Klein, le climatologue militant de la NASA James Hansen, le député européen et agitateur social José Bové ou le prix Nobel de la Paix Adolfo Perez Esquivel devraient assister à ce sommet, comme l’acteur américain Danny Glover. James Cameron, réalisateur de la fable écologique « Avatar ».

Il s’agit de la première conférence mondiale des Peuples relative aux changements climatiques et aux droits de la Terre Mère (« Pachamama » la terre nourricière dans la cosmogonie andine), organisée par le président Evo Morales, homme de gauche et indigéniste convaincu, ce après le sommet de Copenhague qui a eu lieu en décembre 2009.

Le porte-parole du président bolivien, Iván Canelas, a souligné que des délégations de 129 pays allaient assister à cet événement dont 40 de niveau gouvernemental, et que près de 20 000 personnes participeraient aux 17 tables rondes inscrites à l’agenda. Parmi les présidents qui doivent participer à ces trois jours de Sommet, on retrouve le président équatorien Rafael Correa, le nicaraguayen Daniel Ortega, le paraguayen Fernando Lugo et enfin le président du Venezuela Hugo Chavez.

Le vice-ministre bolivien aux Relations Economiques Internationales, Pablo Guzmán, a affirmé que le président avait fait le choix de ce sommet après avoir tiré les conclusions du Sommet de Copenhague où selon lui « des gouvernements s’étaient réunis en petit nombre pour prendre des décisions qui affectent l’ensemble de la population mondiale ».

« L’objectif principal est d’ouvrir le dialogue avec les peuples du monde entier sur les raisons de ce changement climatique, de chercher des solutions pour freiner ce mécanisme et ainsi enrayer le processus de dégradation environnementale et enfin réunir des scientifiques et des personnes éclairées afin d’envisager un certain nombre de mesures préventives ».

Dans cette optique, les invités de cette conférence sont majoritairement des représentants des peuples indigènes, des organisations sociales, universitaires ou des groupes d’intellectuels et scientifiques.  

Les tables rondes doivent aborder les effets du capitalisme et de l’industrialisation de masse sur le changement climatique, la création d’un « tribunal de justice » climatique et évoquer également la dette des pays riches envers les pays les plus pauvres pour les préjudices subis.

Le projet de Référendum Mondial du président de Bolivie sur les solutions à apporter, sera également au coeur du débat, tout comme l’accord sur les droits de la Terre Mère et la situation des immigrants victimes des aléas climatiques ainsi que le protocole de Kyoto.

Le gouvernement bolivien espère que ce Sommet pourra engendrer un plan d’action pour la mobilisation des indigènes et des organisations sociales dans les pays concernés.

Le ministre de l’Environnement de Bolivie a signalé, qu’à partir du moment où le document de Tiquipaya sera approuvé, il pourrait y avoir « une grande mobilisation mondiale relative à la défense de la Terre Mère et de l’Humanité. »

Au nom de leur « savoir bien vivre » avec leur environnement, les délégués indigènes ont demandé à être représentés à Cancun au Mexique pour le prochain grand rendez-vous climatique « non plus pour faire de la figuration ou en observateurs, mais comme participants », a souligné Rafael Quispe, dirigeant indien aymara du principal conseil indigène de Bolivie.

La « déclaration de Tiquipaya » que l’on connaîtra jeudi 22 avril coïncide avec la Journée Internationale de la Terre Mère, et elle sera présentée lors du prochain sommet thématique organisé par l’ONU le 29 novembre prochain au Mexique.

Le nombre de personnes attendues a dépassé les espérances des organisateurs, car entre cette localité (Tiquipaya) et Cochabamba, l’offre d’hébergement se limite à 1500 lits hors 20 000 personnes ont fait le déplacement.

À cet effet, des campus et des réserves militaires ont été ouverts pour accueillir les participants au Sommet.

1000 journalistes sud-américains, Européens et de diverses régions de la Bolivie ont reçu une accréditation pour couvrir l’évènement.