Le Fond Monétaire International a estimé que l’Amérique latine bénéficierait d’un taux de croissance de 4 % pour l’année 2010 et a mis l’accent sur la nécessité d’ajuster la politique monétaire et fiscale pour l’année 2011.

Les estimations émises en janvier 2010 par le FMI, pour le continent latino-américain, étaient de 3,7 % (soit une hausse de 0,3 point par rapport à cette première évaluation) pour le PIB de l’année 2010 et de 3,8 % pour l’année 2011. Concernant le reste du monde, le FMI affirme que la récession économique s’éloigne plus vite que prévu, mais que les efforts de « redressement d’urgence » ont aggravé les finances de plusieurs gouvernements, laissant aux pays les plus vulnérables de nouvelles « perturbations ».

Le FMI prévoit une croissance mondiale pour 2010 de 4,2 %, un taux légèrement supérieur aux estimations faites en janvier (il était de 3,9 %) et estime la croissance de 2011 à 4,3 %.

L’Amérique Latine et les Caraïbes ont terminé l’année avec une croissance de 4 %, elle devrait se poursuivre en 2011, ce taux a été atteint grâce à la reprise de pays comme le Brésil et le Mexique, et cela malgré le poids négatif du Venezuela, affecté par un sérieux problème d’approvisionnement électrique, et des Caraïbes meurtries par une chute du secteur touristique, a indiqué le FMI.

« Cependant, une baisse de la demande touristique en provenance des Etats-Unis et de l’Europe a freiné la croissance de plusieurs économies de la région, tout particulièrement de la zone caraïbe » précise le rapport.

Ce processus s’inscrit dans le cadre d’une reprise globale plus positive que ne l’estimaient les prévisionnistes, renforcée par l’émergence de la Chine et d’autres pays en voie de développement. En effet, les pays en développement et surtout les émergents, avec à sa tête la Chine (+ 10 % et + 9,9 %) affichent une vigueur incontestée et une croissance jugée par le FMI de « vigoureuse mais durable » de 6,3 % en 2010 et de 6,4 % en 2011.

« La reprise mondiale s’est avérée plus forte et plus rapide que prévu, mais la relance se fait à différents rythmes, avec lenteur pour les économies développées et avec vigueur dans la majorité des économies émergentes ou en voie de développement ».

En comparaison avec d’autres régions du monde, l’Amérique latine bénéficierait d’un indice de croissance supérieur aux économies dites avancées, plus particulièrement affectées par la crise financière globale, et pour lesquelles les estimations de croissance pour 2010 et 2011 sont évaluées respectivement à 2,3 % et 2,4 %.

Le Pérou arrive en tête concernant les projections de croissance pour la région latino-américaine, la même place qu’occupait le pays en 2009. Cette fois le FMI espère que l’économie pourra jouir de 6,3 % d’accroissement pour 2010 et 6,10 % pour 2011. En tête du classement, on retrouve également l’Uruguay avec une croissance de 5,7 % contre 3,9 % estimée pour 2011, le Brésil avec 5,5 % (4,1 % pour 2011) et le Paraguay avec 5,3 % (5 % pour 2011).

Malgré le terrible tremblement de terre qui a secoué le Chili en février, le FMI considère que les efforts de reconstruction, ajoutés à l’augmentation du prix des matières premières et une politique adaptée ont permis au pays d’atteindre un taux de croissance de 4,7 % cette année, avec une estimation de 6,10 % pour 2011.

Le FMI prévoit pour l’Amérique Centrale une croissance de  2,7% pour la fin de l’année contre un déficit de -0,6% pour 2009, toutefois cette croissance reste plutôt faible en comparaison avec les économies sud-américaines et celle du Mexique.

La sphère latino-américaine, qui n’a pas subi comme d’autres la crise, a pu résister aux affres de la récession et plus particulièrement les pays qui exportent bon nombre de matières premières et qui jouissent d’économies intégrées comme c’est le cas pour le Brésil, le Chili, le Mexique et le Pérou.