Des enquêteurs et des soldats vénézuéliens s’intéressent actuellement aux circonstances de la mort de six indigènes de la tribu Yanomami évoluant en Amazonie près du fleuve Orénoque. Aidés par des traducteurs ils ont questionné les anciens du village Parima B sur les causes de la mort de six d’entre eux.

Une délégation a été dépêchée sur place le 16 avril dans le but de récolter des informations auprès des membres de la communauté touchée, elle se composait de fonctionnaires de la Cicpc (el Cuerpo de Investigaciones Científicas Penales y Criminalísticas) et d’effectifs de la 52ª Brigade d’ Infanterie Forestière.

En effet, quatre adultes Yanomami dont un homme, leader du village Momoy et trois femmes sont décédées. Selon les premières estimations émises jeudi par le Bureau du Procureur (« Fiscal General »), ils seraient morts après avoir ingurgité de l’eau contaminée par les chercheurs d’or illégaux, de même que deux jeunes adolescents auraient trouvé la mort après avoir été aspergés de produits liquides par des personnes non identifiés.

Les Indiens Yanomami représentent une population d’environ 32 000 personnes qui évoluent dans les forêts tropicales et montagneuses du sud du Venezuela et du nord du Brésil. Selon certaines sources, le nombre des orpailleurs qui travaillent illégalement dans leur territoire ne cesse d’augmenter.

Les orpailleurs menacent la vie des Yanomami en faisant preuve de violence à leur encontre et en véhiculant des maladies ou virus pour lesquels ils n’ont aucune imunité. Le mercure utilisé pour amalgamer l’or souille dangereusement l’eau des rivières que les indigènes consomment et le bruit des dragues et des générateurs fait fuir le gibier dont les Yanomami se nourrissent, une source de subsistance indispensable à leur survie alimentaire.

Les Yanomami ont déjà durement souffert de l’invasion de plus de 40 000 orpailleurs dans les années 1980, intrusion qui a eu un impact négatif sur l’environnement des indigènes.

Survival a appelé les gouvernements brésilien et vénézuélien à prendre toutes les mesures nécessaires afin d’expulser les chercheurs d’or qui exercent leur trafic sur le territoire Yanomami et empêcher à l’avenir toute nouvelle invasion.

L’exploitation illégale de l’or dans cette région, tout spécialement du côté brésilien, introduit parmi les membres de la tribu des maladies qui depuis 1980 ont causé la mort de 20 % de la population.

La tribu est considérée comme l’une des plus importantes de la zone amazone avec près de 30 000 individus évoluant entre le Venezuela et le Brésil, les Yamomani avaient limité leur contact avec le monde extérieur depuis 50 ans environ. L’année passée, les autorités sanitaires du Venezuela avaient mis en garde contre l’effet dévastateur que pourrait introduire le virus de la grippe sur une population isolée et de fait fragilisée.

Les membres de la tribu évoluent dans des « chozas » ou « huttes » communautaires de forme circulaire qui donnent sur une cour extérieure, les hommes chassent et les femmes s’occupent des récoltes dans des champs non clôturés.

Le président Chávez a contribué à de nombreux changements concernant la tribu, tout d’abord une équipe médicale de 30 personnes évoluent de façon permanente dans la zone où sont implantés les indigènes.

En 2008, la chaîne anglaise de Télévision Channel 4, a réalisé un reportage sur l’extraction minière illégale en Amazonie brésilienne. En volant au-dessus de la forêt, l’équipe de tournage a filmé les images d’une piste d’atterrissage au beau milieu de la végétation crée par les exploitants miniers ainsi que le détournement d’un bras de fleuve près d’un village Yanomani, ce qui avait causé une flambée de malaria.

En accord avec les estimations faites par l’organisation Survival, plus de 1000 trafiquants miniers travailleraient illégalement sur le territoire Yanomami, non seulement ils contaminent l’eau et le sol mais en plus ils sont à l’origine d’épidémies souvent mortelles.

Le gouvernement a annoncé, samedi 24 avril, qu’une vaste opération militaire allait être organisée afin de traquer les trafiquants qui sont à l’origine de pertes humaines intolérables et également de dégâts majeurs sur l’environnement en utilisant une technologie qui pollue les cours d’eau.