Laura Chinchilla, âgée de 51 ans, est devenue officiellement la première présidente du Costa Rica, samedi 08 mai lors d’une cérémonie d’investiture organisée à La Sabana Metropolitan Park, à San Jose, capitale du pays.

Elle avait réuni 47 % des voix lors des élections présidentielles du 7 février 2010 et succède donc au président Oscar Arias, titulaire du prix Nobel de la Paix, qu’il avait obtenu en 1987 pour son engagement à la stabilisation de l’Amérique centrale.

Représentante du Parti de libération nationale (PLN, centre-droit), elle est parvenue à battre son principal opposant aux élections, Otton Solis membre du Parti d’action citoyenne (PAC, centre-gauche). Diplômée d’une maîtrise en sciences politiques obtenue à l’Université du Costa Rica et à l’Université de Georgetown aux Etats-Unis, elle devient vice-ministre de la Sécurité publique de son pays. En 2002, elle est élue députée (2002-2006), puis elle est nommée première vice-présidente (1996-1998), et ministre de la Justice.

Afin de gouverner avec une majorité confortable, Laura Chinchilla a passé un accord avec la deuxième plus grande formation d’opposition, le Mouvement libertaire de l’avocat de droite Otto Guevara, au risque de s’écarter de sa politique centriste.

« Mon gouvernement vous représentera toutes et tous », a déclaré cette élégante mère de famille (un fils) marié à un espagnol José María Rico, vêtue d’un tailleur blanc, peu après avoir reçu le drapeau présidentiel des mains du président de l’Assemblée législative, Luis Gerardo Villanueva.

« Nous travaillerons pour un Costa Rica plus prospère et compétitif », a-t-elle affirmé devant un auditoire d’environ 5 800 Costariciens dont les présidents d’Amérique centrale, de Colombie, d’Equateur du Mexique, de Géorgie ou encore le prince héritier d’Espagne, Felipe, qui avaient tous fait le déplacement au Costa Rica pour l’occasion.

Parmi ses objectifs de campagne, Laura Chinchilla a mentionné la réduction de la pauvreté et la lutte contre l’insécurité (un taux en constante augmentation) dans ce pays qui jusqu’alors était considéré comme politiquement stable dans une région souvent marquée par la violence.

« Nous voyons un transfert des opérations des groupes mafieux dans la région. C’est en Amérique centrale que la dernière bataille contre les bandes criminelles d’Amérique Latine va être livrée » a assuré Chinchilla à BBC Mundo durant la campagne électorale.

Beaucoup craignent, y compris le département d’Etat des Etats-Unis, que l’offensive militaire du gouvernement mexicain contre les cartels de la drogue entraîne un déplacement du trafic de drogue vers le sud, soit vers l’Amérique Centrale. Il existe en Amérique Centrale une impression croissante sur le fait que la région devient le terrain naturel de l’expansion des cartels de la drogue, une région stratégique pour les trafiquants puisque positionnée entre le Mexique au nord et la Colombie au sud.

Dans cette optique, Laura Chinchilla, ancienne ministre à la Sécurité, a annoncé que les premières mesures de son gouvernement concerneraient la lutte contre les cartels et la violence organisée. On estime que plus de 70% de la production de cocaïne transite par l’Amérique Centrale, au Costa Rica, souligne Álvaro Ramos « La consommation de Crack qui se concentrait auparavant autour de la capitale gagne depuis 5 ans tout le pays ».

La présidente devra également faire face à une économie fragilisée, le pays connaît actuellement un déficit fiscal de 5% suite à la crise économique mondiale. L’indice de pauvreté actuel est de 18,5% et le taux de chômage atteint les 7,8%.

Pour son premier déplacement officiel, Laura Chinchilla devrait se rendre en Equateur comme elle l’a préalablement déclaré, le président Rafael Correa s’est dit « fier » de recevoir son homologue pour son premier voyage.

Correa, chef d’état équatorien, qui est également président  pro tempore de l’UNASUR (Union des Nations sud-américaines) a affirmé qu’il souhaitait maintenir d’excellentes relations avec le Costa Rica et qu’il avait beaucoup d’affection pour son peuple.

Le président Correa a rappelé que l’Equateur possède une frontière maritime avec le Costa Rica et a précisé que les deux pays étaient producteurs de bananes, et qu ‘à ce titre ils devaient s’allier afin de défendre « une position commune concernant le prix de la banane » et  « bien d’autres sujets qu’ils doivent aborder et approfondir ».