La population colombienne se déplace aux urnes aujourd’hui pour voter pour son futur président, en effet il s’agit en ce dimanche 30 mai du premier tour des élections présidentielles. Le président sortant, Alvaro Uribe, ne pouvant pas briguer un troisième mandat puisque cela serait contraire à la Constitution en vigueur, doit prochainement céder sa place à la tête de la Colombie.

Il faut malgré tout noter que le président actuel jouit d’une popularité record qui atteint les 70 % d’opinion favorable. De fait le candidat du parti au pouvoir, Juan Manuel-Santos, bras droit du président Uribe semblait être dans une situation confortable pour remporter le scrutin mais c’était sans compter sur la présence d’un candidat surprise, Antanas Mockus, représentant du parti Vert, qui est venu jouer les trublions durant la campagne électorale.

Antanas Mockus ancien maire de Bogota qui représente le parti écologiste a orienté son discours de campagne autour de la lutte anti-corruption et son message a su séduire une bonne partie de la population colombienne.

En effet, en quelques semaines le candidat, fils d’immigrés lituaniens a grimpé dans les sondages et a réussi à atteindre les 40% d’intentions de vote à la surprise des autres candidats et plus particulièrement de l’ancien ministre de la Défense, Juan Manuel-Santos.
Le candidat Vert a déclaré ce mercredi « La Colombie a besoin d’un changement ».

Juan Manuel-Santos lui a fondé sa campagne sur la continuité et se présente comme le fils spirituel du président Uribe en plaçant le thème de la sécurité au coeur du débat électoral.

Depuis l’arrivée d’Uribe à la présidence, en 2002, le nombre d’enlèvements a reculé de 3000 par an à 213 pour l’année 2009. Les meurtres ont chuté de 45 % et l’État a assis son autorité dans les agglomérations, sur les routes et dans une partie du territoire auparavant livrée à la guérilla marxiste des FARC.

Juan Manuel-Santos est perçu comme l’instigateur des revers les plus sévères infligés aux FARC. Cependant, l’ancien ministre de la Défense subit aussi les critiques imputées à la politique de fermeté du président Alvaro Uribe. Une partie de la population s’insurge contre ce qu’elle considère comme les dérives de cette politique ultra-sécuritaire par exemple les mises sur écoute, la corruption, les complicités inavouées, les victimes civiles…

De plus, il semblerait que les Colombiens ne placent plus l’insécurité en tête de leur préoccupation. En effet, le problème du chômage et de la lutte contre la corruption semblent être dorénavant leur priorité. Ce revirement expliquerait l’ascension inattendue du candidat Antanas Mockus.

Quoi qu’il en soit, la lutte pour la victoire finale semble serrée et il faudra probablement attendre le second tour du scrutin pour connaître le nom du nouveau président de la république de la Colombie.

Quatre autres candidats étaient en lice dimanche. Après les premiers résultats, les alliances devraient influer sur la suite des événements.