Le 31 mai les autorités culturelles de Bolivie ont confirmé à la demande d’experts argentins leur participation au circuit touristique « Chemins du Che » (« Caminos del Che ») dans le but de diffuser l’œuvre du révolutionnaire le plus mythique, Ernesto Che Guevara. Ce chemin regroupant différents musées et espaces historiques rendent hommage au Che et il est désormais prévu qu’il s’étende en Bolivie et à Cuba ont précisé des représentants du gouvernement .

Le vice-ministre bolivien du Tourisme, Marco Antonio Peredo, a ajouté mercredi que ce circuit d’envergure international comprendrait les sites où le plus célèbre des guérilleros a vu le jour, a combattu et a trouvé la mort.

« A partir de l’initiative des frères argentins nous prétendons élaborer un projet touristique culturel qui intègre plusieurs pays, l’Argentina, Cuba et la Bolivie, des lieux par où le commandant est passé » a déclaré Marco Antonio Peredo.

Ce projet de mise en place d’un large circuit touristique a débuté en 2006 avec pour ambition de travailler conjointement avec les villes qui possèdent des sites visant à préserver et à diffuser la mémoire du Che.

Le circuit a été lancé en août 2009 par le Congrès argentin et assure la promotion des musées et des espaces localisés dans les municipalités comme Rosario, Santa Fe ; el Museo Hogar Misionero del Che de Colonia Caraguatay, Misiones ; el Museo Casa Ernesto Che Guevara de Alta Gracia, Córdoba ; y el Museo La Pastera de San Martín de los Andes, Neuquén.

Ce chemin bénéficie de l’appui de la Secrétaire du Tourisme d’Argentine (Sectur) et il a été, par ailleurs, déclaré digne d’intérêt national par le pouvoir Législatif.

La parlementaire argentine Julia Perié explique qu’il s’agit d’une première visite de la Commission et assure que les fonctionnaires du Secrétariat du Tourisme et du Ministère de la Culture de Bolivie ont eu des conversations fructueuses en vu de la concrétisation de ce projet. En ce qui concerne l’implantation des musées, elle a expliqué que ce n’était pas un hasard si la Bolivie et l’Argentine vivaient actuellement des processus historiques fondamentaux.

« Aujourd’hui nous pouvons le faire, tout d’abord élargir le ‘Chemin du Che’ parce que nos pays ont deux gouvernements stables en place et des affinités sur la question de la démocratie et ensuite récupérer l’histoire en mettant à la lumière les figures emblématiques de l’Amérique » a-t-elle déclaré.

Les responsables du projet ont déclaré vouloir respecter l’image du Che et ne pas tomber dans des dérives marchandes « Nous ne cherchons pas à faire de lui une marchandise : il n’est pas un produit à vendre », affirme Diego Conca, qui gère la partie argentine du circuit, inaugurée l’année passée. « Son voyage l’a transformé et nous pensons que suivre cette route peut également être transformateur pour les touristes. »

L’itinéraire que l’on peut suivre en Argentine débute au lieu de naissance de Guevara à Rosario, dans la plantation de maté de sa famille à Misiones, puis se poursuit en d’autres lieux que le Che a parcouru à moto durant sa jeunesse.

Ernesto Guevara s’était rendu à Cuba en 1956 afin de lutter auprès de Fidel Castro dans la Sierra Maestra suite à une prise de conscience des réalités socio-économiques. Peu de temps après l’arrivée des « barbudos » révolutionnaires au pouvoir, il abandonnera La Havane, au milieu des années 1960, pour « exporter » la révolution en dehors des frontières cubaines, à ce titre il mènera un petit groupe de guérilleros en Bolivie.

L’itinéraire touristique en Bolivie retrace le parcours du Che dans la jungle jusqu’à La Higuera, la localité où il a trouvé la mort (octobre 1967) et Valle Grande, où il fut inhumé avec six autres guérilleros jusqu’au jour où les corps ont été déterrés et rapatriés à Cuba.

La figure du « Che » est à nouveau source d’intérêt alors qu’en Amérique latine on fête le bicentenaire des indépendances.