L’activité du volcan équatorien, Tungurahua (qui signifie « Gorge de feu » en langue quechua), situé dans le centre andin du pays, ne faiblit pas en intensité, bien au contraire, il a même connu un regain d’activité poussant les autorités du pays à relever le niveau d’alerte.

Cette évolution a été à l’origine de l’évacuation de près de 500 foyers dont de nombreuses personnes âgées où enfants vivant aux alentours de la localité de Penipe.

Ainsi du niveau jaune, les autorités ont placé leur niveau d’alerte en orange « L’alerte est passée de jaune à orange », le maximum étant le niveau rouge, a précisé à l’AFP Fausto Chunata, maire de la ville concernée, située à proximité du Tungurahua (135 km au sud de Quito), en ajoutant que cette mesure permettrait d’agir en conséquence si la localité était menacée d’une éruption catastrophique.

« Le volcan maintient une activité considérée comme élevée, avec 2 à 3 explosions par heure » a déclaré l’Institut Géophysique dans son dernier rapport.

Chunata, qui est aussi président de l’un des Centres d’opérations d’urgence (COE) du canton de Chimborazo. a indiqué que le soutien des secouristes, des policiers et des militaires avait permis l’évacuation nocturne ce mercredi de la population directement menacée, seuls les paysans sont habilités à retourner sur leur parcelle de terre durant la journée au moyen de sauf-conduit.

« Les enfants, les personnes âgées, les personnes diminuées ne sont pas autorisés à rentrer à leur domicile dans les circonstances actuelles. La force publique maintient le contrôle des accès pour permettre l’entrée des personnes autorisées à revenir à partir de six heures du matin jusqu’à cinq heures du soir », a-t-il précisé.

« Il y a une restriction totale, dans les zones déclarées en alerte orange. L’évacuation est immédiate pour les las adultes, enfants, personnes à mobilité réduite et femmes enceintes. »

Plus de 80 explosions ont été enregistrées le 10 juin, elles ont été à l’origine de vitres brisées et de secousses telluriques dans les zones proches du volcan, a déclaré l’Institut de Géophysique de l’Ecole Polytechnique Internationale.

Les explosions qui se produisent à une moyenne de 3-4 par heure ont provoqué le rejet de fluides incandescents qui dévalent le long des flancs de montagne.Les émissions de gaz et de cendres ont formé des nuages qui ont atteint jusqu’à 3 km d’altitude et sous l’effet du vent, ils se sont déplacés vers l’ouest et au nord-ouest du géant. L’IG a reporté des retombées de cendres dans les localités proches du volcan comme Choglontus, El Manzano, Cusúa, Huambaló, Pillate y Cahuají.

Dès le 28 mai, une puissante éruption accompagnée de rejet de matériaux incandescents et de cendres avait entraîné l’évacuation obligée de 2 500 personnes et la fermeture temporaire de l’aéroport international de Guayaquil, (sud-ouest, à environ 260 km de Quito).

Selon l’Institut de géophysique équatorien, l’éruption se situait alors entre « la seconde et la troisième plus forte de tout le processus éruptif » du volcan depuis son réveil en 1999.

Le Tungurahua situe à 5 016 mètres au dessus du niveau de la mer a commencé son processus éruptif en 1999 et depuis il a alterné phases de repos et période de forte intensité.
Cette montagne qui se trouve à 135 km de Quito, capitale du pays, fait partie des volcans d’ Équateur localisés sur la « Ceinture de feu du Pacifique ».

En 2006, six personnes avaient été tuées, dans le cadre de l’éruption volcanique du Tungurahua surnommé  » le géant noir » et plusieurs habitations avaient été détruites.