Le gouvernement du Pérou a mis en place, depuis mardi 6 juillet, l’état d’urgence pour une durée de trois mois dans la région andine de Huancavelica (centre-sud du pays à 500 km de Lima) en raison d’un déversement de produits chimiques qui a eu lieu depuis l’exploitation minière Caudalosa Chica et qui a ainsi contaminé les fleuves Opamayo et Escalera.

En effet, une partie de cette zone a été polluée par l’épanchement d’eaux et de boues contaminées par les résidus chimiques déversés depuis le site minier.

Environ 21 000 mètres cubes d’eau et de boue contenant des résidus métalliques et des produits chimiques utilisés dans l’extraction, sur la mine de Caudalosa Chica, ont sévèrement endommagé la faune et la flore sur plus de 70 kilomètres, ce phénomène a sévèrement alerté les populations villageoises des alentours comme les habitants de Huachocolpa et de Lircay, ont indiqué les agents de la Défense Civile ou Defensa Civil.

Tout au long des fleuves, on pouvait observer en surface des centaines de truites mortes et l’eau présentait une couleur rosée en raison des polluants métallurgiques qui ont été déversés, a indiqué la presse locale.

L’Etat péruvien doit, par l’intermédiaire d’un décret, déterminer des solutions pour compenser les effets dévastateurs de cette pollution. Malgré cela, le gouvernement n’a pas relevé la compagnie minière de ses obligations et cette dernière doit prendre des mesures efficaces afin d’enrayer la pollution.

Environ 700 travailleurs miniers étaient mobilisés en milieu de semaine dans le sud-est du Pérou, pour contenir la pollution du fleuve andin, jusqu’alors, 30 % des affluents ont été assainis, a indiqué l’entreprise minière et aucun signalement de contamination humaine ou d’atteinte sanitaire n’a été reportée parmi les habitants de la zone touchée.

Les autorités sanitaires restent néanmoins vigilantes concernant la santé des habitants et la qualité de l’eau de la rivière et du fleuve. La Direction régionale des Mines avait indiqué quelques jours après l’accident que la même mine avait subi il y a un an et demi un incident semblable. Le ministre de l’Environnement Antonio Brack avait pour sa part indiqué qu’il étudiait avec ses collègues de la Santé et des Mines de possibles poursuites judiciaires, rappelant que le Code pénal envisageait dans ces circonstances des sanctions allant jusqu’à la prison.

Un pan du bassin de rétention de la mine, qui exploite cuivre, plomb et zinc, s’est détaché dans la nuit de vendredi, la pollution se déversant dans une rivière puis en aval dans le fleuve Opomayo, donnant à ses eaux une couleur plomb. Une dizaine de villages ou communautés ont été touchés.

Pour leur part, les populations de la province de Aymaraes ont annoncé ce mardi qu’ils se mettaient en grève pour une période de 48 heures afin de protester contre la pollution du fleuve Opamayo.

Le secrétaire du Comité de Fiscalizción del Medio Ambiente de Aymaraes, Carlos Candietti, a affirmé que cette protestation s’expliquait par l’attitude de l’entreprise minière qui considère l’affluent comme le déversoir de ses substances chimiques.

Le représentant environnemental a signalé que cette manifestation a été votée le 1er juillet et qu’elle pourrait se prolonger indéfiniment dans toute la région si le gouvernement ne parvenait pas à enrayer ce désastre écologique.

Candietti a indiqué que, parmi les régions frappées par la contamination, on retrouvait Totora, Palcas, Yanaututo, Tucsipampa, Rumichaca, Ocopa, Anchonga, Huayllay, Callanmarca, Huancahuanca, Congalla, entre autres.

La CAOI (Coordination Andine des Organisations Indigènes) qui réunit des communautés indigènes de Bolivie, du Pérou, de la Colombie, du Chili et de l’Argentine, a dénoncé le fait que l’entreprise minière n’avait pas pris le soin de prévenir la population après l’incident, « mettant ainsi en danger la vie d’êtres humains, d’animaux et  risquant par la même occasion de contaminer les cultures ».

La CAOI a demandé aux autorités péruviennes d’appliquer de sévères sanctions, car selon l’organisation, la compagnie « agit de manière artisanale et sans répondre aux exigences du Programme environnemental PAMA (le Programme d’Adaptation et d’Utilisation Environnementale) exigé par la loi.