Le gouvernement péruvien a déclaré l’état d’urgence dans plus de la moitié du pays en raison de la vague de froid qui sévit actuellement, avec des températures qui descendent jusqu’à -25°C et qui ont causé le décès de 200 personnes environ.

Cette mesure permet aux autorités régionales d’avoir accès aux fonds d’urgence afin de garantir des médicaments, des couvertures et des abris pour accueillir les plus vulnérables et les plus démunis.

L’état d’urgence a été déclaré dans 16 départements du Pérou sur 24. Les régions placées en état d’urgence totale ou partielle sont Áncash, Apurímac, Arequipa, Ayacucho, Callao, Cusco, Huancavelica, Huánuco, Junín, Lima, Loreto, Madre de Dios, Moquegua, Pasco, Puno, Tacna et Ucayali, elles comprennent des territoires situés sur la côte, en forêt amazonienne (Madre de Dios, Ucayali y Loreto) et bien évidemment dans la sierra andina.

La majorité d’entre eux sont situés dans la région andine, au sud du pays, où les températures chutent régulièrement en dessous de zéro à cette époque de l’année. Cette semaine, la capitale Lima, a enregistré les températures les plus basses depuis 46 ans et des mesures d’urgence ont été mises en place dans divers quartiers périphériques.

Selon un collaborateur de la BBC présent au Pérou, l’ensemble du pays semble être gagné par le froid, en effet cette vague de froid polaire parvient à toucher les zones les plus chaudes et les plus humides de l’Amazonie où les températures sont descendues jusqu’à à 9°C. La temperature minimale enregistrée lundi à Puerto Maldonado, capitale du Madre de Dios, en forêt péruvienne a été de 9 degrés, la température la plus basse depuis 3 ans.

La région amazonienne a subi cinq vagues de froid cette année. Des centaines de personnes, dont la moitié était des enfants en bas âge, sont morts au sud du Pérou de maladies liées aux basses températures comme la pneumonie, avec l’altitude les températures peuvent chuter brutalement dans la nuit, descendant jusqu’à -20°C. Les populations rurales sont les plus affectées puisqu’elles vivent à 3000 m au-dessus du niveau de la mer. Les médecins ont déclaré que la malnutrition, la pauvreté extrême et les conditions de vie particulièrement difficiles sont des facteurs qui intensifient le nombre de cas mortels. Le froid de cet hiver a laissé des centaines de morts en Amérique du Sud. Les principales causes de ces décès sont les intempéries, l’indigence et les chauffages défectueux souvent à l’origine d’intoxication au dioxyde de carbone.

La ministre de la Condition féminine et du Développement Social, Nidia Vílchez, a précisé que le gouvernement fournirait des aliments, des médicaments et des couvertures dans les zones affectées par ces conditions météorologiques extrêmes. Quant au ministre de l’Agriculture, Adolfo de Córdova, il a déclaré que de la nourriture et du fourrage seraient distribués pour le maintien du bétail qui lui aussi subit de plein fouet les assauts d’un hiver particulièrement vigoureux.

Vílchez a précisé que les autorités distribueraient des aliments à travers le Programme Nationale d’Assistance Alimentaire (Pronaa) et que des professionnels de santé seraient déployés afin de procéder à une campagne de vaccination de masse, les enfants mineurs de moins de cinq ans et les personnages âgées qui représentent les individus les plus vulnérables devraient être prioritaires.