Les ministres des affaires étrangères des pays membres de l’Unasur (Union des Nations sud-américaines) se réuniront jeudi prochain en Équateur, à Quito, dans le cadre d’une réunion extraordinaire visant à faire le point sur la rupture des relations diplomatiques entre le Venezuela et la Colombie.

« L’agenda proposé traitera de la rupture des relations entre le Venezuela et la Colombie et de l’adoption de mécanismes susceptibles de favoriser le retour au dialogue et à la paix dans la région », a affirmé le ministère équatorien des Affaires étrangères.

La crise diplomatique entre les deux pays a débuté après que le président de Colombie, A. Uribe, ait déclarée qu’il avait des preuves évidentes de la présence de 1500 guérilleros des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) et de l’Armée de Libération Nationale (ELN) sur le territoire vénézuélien.

Jeudi dernier, après que la Colombie ait présenté les supposées preuves de cette présence terroriste (vidéos, cartes, photos) sur le sol vénézuélien, devant les membres de l’OEA, Caracas a annoncé qu’elle cessait toute relation bilatérale avec le pays voisin.

La réunion de l’Unasur se tiendra donc à la demande du Venezuela qui a également réclamé l’appui du président de l’Équateur, Rafael Correa, qui occupe en ce moment la présidence « pro tempore » de l’organisation. Le chef de l’état équatorien a assuré qu’en qualité de «  président de l’Unasur, il ferait son possible pour trouver une solution au conflit, bien que cette situation est déjà un air de déjà-vu et qu’il faille par conséquent se poser des questions »

Pour le président du Venezuela, Hugo Chavez, les affirmations de la Colombie sont une manoeuvre afin de « justifier une possible intervention militaire des États-Unis sur le territoire du Venezuela ». Selon lui, il y a déjà eu des manœuvres similaires dans la région pour tenter d’accroître la tension entre les deux pays voisins.

L’ancien président d’Argentine, Nestor Kirchner a déclaré vendredi qu’il se rendrait à Caracas et à Bogotá au début du mois d’août afin d’y rencontrer les deux chefs de l’état et de tenter ainsi une réconciliation diplomatique. Quant au président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, il a assuré qu’il parlerait avec le futur président de Colombie, Juan Manuel Santos (ancien ministre de la Défense sous la présidence d’A.Uribe) qui sera officiellement investi dans ses fonctions, le 7 août prochain, afin de trouver une solution au conflit. Toutefois, il a précisé que « pour le moment, rien ne laisse à prévoir une éventuelle évolution dans le conflit qui pourrait aller au-delà de simples joutes verbales et d’une crise diplomatique ».

En effet, pour le moment le président vénézuélien, H. Chavez, a laissé une porte ouverte à un retour à la normale puisque prochainement un nouveau président prendra le pouvoir en Colombie. De son côté le futur chef de l’état colombien, Juan Manuel Santos, n’a jamais manifesté son soutien au président sortant pour ses récentes déclarations.

Dans les faits, la frontière terrestre entre les deux pays reste ouverte, les vols aériens entre la Colombie et le Venezuela se poursuivent au même rythme et le consulat colombien opère à Caracas avec normalité.

Le président bolivien, Evo Morales, a réitéré sa confiance envers le futur président de Colombie, qui selon lui fera tout son possible pour éviter un conflit entre le Venezuela et la Colombie malgré leurs dissensions. « J’ai confiance en Juan Manuel Santos pour résoudre cette rupture diplomatique… Jamais les peuples d’Amérique du Sud ne pourront laisser s’instaurer un conflit armé entre deux pays voisins, tous deux membres de l’Unasur » a déclaré Evo Morales lors d’un discours public.