Le Musée National d’Anthropologie et d’Histoire du Mexique a inauguré le 12 août dans la Salle des Cultures indigènes du Musée National d’Anthropologie (Sala de Culturas Indígenas del Museo Nacional de Antropología) sa nouvelle exposition temporaire « Les Visages de la Divinité. Les mosaïques mayas en pierre verte », qui révèle pour la première fois les parures funéraires de six hauts dignitaires mayas, morts il y a plus de 1000 ans.

L’exposition dévoile les masques des cérémonies funéraires mayas comme élément central des rites d’inhumation des gouvernants, avec un discours pédagogique qui s’articule autour de plusieurs grands thèmes : L’Univers Maya durant la période classique, L’Image de la Plastique Maya durant la période classique, Le Masque dans l’Art Rituel, L’Art de la Mosaïque sur les masques funéraires de pierre verte (El Universo Maya del Periodo Clásico, La Imagen de la Plástica Maya del Clásico, La Máscara en el Arte Ritual, El Arte del Mosaico de las Máscaras Funerarias de Piedra Verde…)

L’exposition présente 147 pièces mises au jour sur les sites archéologiques de Palenque, Calakmul, Dzibanché et Oxkintok, elles ont été trouvées au sud-est du Mexique, six tombes ont été ainsi ‘recréées’ par les archéologues et permettent de réunir pour la première fois les parures funéraires complètes, mettant ainsi en valeur les masques, colliers, bagues, plastrons et petites figurines rituelles. Tous les objets sont ainsi représentés pour l’exposition tels que les scientifiques de l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH) ou d’autres institutions, les ont découverts dans les années 1980-1990.

Les pièces seront ainsi exposées jusqu’au mois de septembre au Mexique avant de quitter leur pays pour débuter une tournée européenne, en Italie (au Musée Archéologique de Naples entre novembre et janvier 2011), en France (à Paris probablement entre février et mai dans le cadre de l’Année du Mexique en France) puis en Espagne, entre autres.

“Les masques funéraires qui sont comme des portraits de ces illustres personnages, sont constitués de jade, de coquillages, d’obsidienne, et d’hématite, parce que ces matériaux étaient liés au spirituel et qu’ils représentaient le divin ». Le masque était un élément fondamental dans les rites funéraires, car selon les croyances mayas, il permettait aux gouvernants d’accéder au statut de divinité après leur mort. Martínez explique que, « de même que la régénération de l’Homme de maïs, le masque était un élément fondamental à leur survivance, une fois le mandataire mort, ce rituel était recréé pour invoquer et personnifier la divinité ». La spécialiste Sofía Martínez del Campo Lanz précise que « le masque de jade avait pour fonction de transformer le visage du défunt en image divine afin d’explorer l’inframonde ».

« Le but était de vaincre au jeu de la pelote ou lors d’une bataille les seigneurs de la Mort, et une fois que le défunt les avait battu il pouvait accéder au divin ».

Sofía Martínez del Campo Lanz, commissaire de l’exposition, a expliqué que le Musée présenterait 13 masques mortuaires de pierre verte, huit sont des masques ayant appartenu à des dignitaires de la période classique (periodo Clásico 200-900 après Jésus-Christ), cinq de divinités chargées de les accompagner dans leur voyage vers l’autre monde, ainsi qu’un plastron zoomorphe composé en coquillage de concha.

On peut y découvrir une présentation de la tombe de Pakal parfaitement reconstituée, K´inich Janaab´Pakal a dirigé la cité de Palenque, entre 615 et 683 après Jésus-Christ., il s’agit du seul gouvernant identifié avec son masque de jade vert et ses bijoux. Les sept autres masques appartiennent à des dignitaires non identifiés à ce jour, a ajouté Martínez.

Un tapis funéraire de 1,25 mètres créé avec près de 8000 coquilles d’escargots et des semences, qui,  il y a 600 ans, faisait parti de la parure d’un haut dignitaire de l’ancienne cité maya de Calakmul sera également dévoilé. La pièce mesure plus de un mètre de long sur vingt-cinq centimètres de large et elle a été restaurée par Martínez del Campo.

Les pièces exposées proviennent des Etats du Campeche, Quintana Roo, Yucatán, Tabasco et du Chiapas “et la reconstitution de ces tombes ainsi que la présentation des masques funéraires permettent pour la première fois l’interprétation complète du symbolisme funéraire » a ajouté la commissaire de l’exposition.