Au moins cinq policiers sont morts ce matin et trois autres blessés suite à une embuscade attribuée, selon des sources officielles, aux Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) à environ 360 kilomètres au sud-ouest de Bogotá.

Les auteurs de l’attentat, le plus mortel, depuis l’arrivée de Juan Manuel Santos au pouvoir, le 5 août dernier, ont attaqué avec de forts explosifs et des tirs d’armes à feu le convoi dans laquelle les forces de l’ordre se déplaçaient sur une petite route au sud du pays, près de la localité de El Doncello.

« Une patrouille de la Police Nationale a été prise au piège par une charge explosive. Le véhicule a brûlé et cinq policiers sont morts et trois autres blesssés », a déclaré le gouverneur de Caquetá, Edilberto Ramón Endo, aux médias.

L’attaque a eu lieu à 19h30 heure locale (00 : 30 GMT ce jeudi) alors que les agents patrouillaient parmi les populations du Ríonegro et El Doncello dans la zone de Caqueta, une région à la fois montagneuse et amazonienne de Colombie. Les blessés ont été transportés à l’Hôpital de Florencia, capitale de Caquetá.
La guérilla colombienne, qui se définit comme marxiste, est considérée comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne.

En fin de semaine dernière, la police avait déjà désactivé une charge explosive de 25 kg déposée aux alentours du siège de la radio communautaire de El Doncello, une tentative d’attentat avortée attribuée aux FARC. La région de El Doncello est menacée par différents groupes armés relevant de la guérilla des FARC.

Pour rappel, l’année passée le gouverneur de Caquetá, Luis Francisco Cuellar, âgé de 69 ans, avait été enlevé le 21 décembre à Florencia, et assassiné par les FARC quelques jours après, un évènement tragique qui avait choqué le peuple colombien mais aussi la communauté internationale.

Le jeudi 12 août 2010, une charge explosive avait explosé au coeur du pôle financier de Bogotá, en face du siège de la radio Caracol. Cet acte terroriste a été à l’origine de nombreux dégâts matériels dans un périmètre de 200 mètres autour de la déflagration, de plus 90 personnes ont été blessées.

Depuis que le président Santos a succédé à Alvaro Uribe, les FARC, par l’intermédiaire d’Alfonso Cano, ont insisté sur leur volonté de renouer le dialogue avec le nouveau gouvernement et de trouver une solution pacifique à l’actuel conflit armé.

De plus, des représentants des FARC, ont demandé un espace de parole devant l’UNASUR (Union des Nations sud-américaines) pour expliquer les raisons de ce conflit armé mené depuis plus de quarante ans sur le sol colombien.

Cette demande a été accueillie avec scepticisme par le gouvernement colombien et a généré des opinions partagées entre les différents analystes politiques.

Santos a mis des conditions à une reprise de dialogue avec les FARC, tout d’abord les guérilleros doivent s’engager à libérer tous les otages retenus prisonniers mais aussi à cesser tout combat armé.

En accord avec les chiffres officiels divulgués par le Ministre de la Défense, du 1 janvier au 31 août de cette année, au moins 121 policiers sont morts lors d’attaques similaires, un chiffre un peu près équivalent par rapport à l’année 2009.

Il s’agit là du premier attentat mené contre des forces de l’ordre sur le territoire colombien depuis l’arrivée à la présidence de Juan Manuel Santos.