Equateur : Tentative de coup d’État mené par des forces de l’ordre rebelles contre le président Rafael Correa

Equateur, Politique — Par le 30 septembre 2010 à 22 h 17 min

Le gouvernement espagnol a condamné ce jeudi dans un communiqué la « tentative de coup d’État » mené en Équateur contre le président élu Rafael Correa et soutient à ce titre « le gouvernement légitime en place dans le pays ».

« Devant les dernières informations parvenues en Espagne sur la tentative de coup d’État en Équateur, le gouvernement espagnol souhaite condamner fermement une quelconque rupture de la légalité constitutionnelle et réitère son soutien au gouvernement légitime et aux institutions en vigueur en Équateur » a indiqué le ministre des Affaires étrangères espagnol dans un communiqué.

Le président de la république équatorien a annoncé ce jour que son gouvernement « était victime d’une tentative de coup d’État » mené par les secteurs qui s’opposent au pouvoir en place, tout particulièrement certains représentants des forces de l’ordre, qui restent proches de l’ancien mandataire Lucio Gutiérrez.

La police et des militaires équatoriens se sont rebellés jeudi contre les restrictions budgétaires décidées par le gouvernement en place. Le président a dénoncé que des policiers en rébellion ont essayé de pénétrer dans sa chambre d’hôpital à Quito, établissement appartenant à la police, où il demeure pour le moment, après qu’il ait été attaqué avec son épouse par un gaz lacrymogène dans un bureau de Police de la capitale, et également blessé à un genou (NB : il s’était rendu à la rencontre des manifestants dans une caserne lorsque les évènements ont dégénéré). De sa chambre d’hôpital, Rafael Correa a affirmé à un média local, par téléphone, qu’il avait dû recevoir des soins médicaux. Cerné par les insurgés, le président a déclaré « S’il m’arrive quelque chose, ils seront tenus pour responsables ».

Le soulèvement intervient dans un contexte de tensions politiques entre Correa et une partie de sa majorité parlementaire, qu’il accuse de bloquer ses réformes.

Le gouvernement d’Équateur a décrété « l’État d’exception sur tout le territoire national » et a délégué aux Forces Armées la sécurité intérieure et extérieure. Le secrétaire juridique à la Présidence, Alexis Mera, a déclaré lors de la conférence de presse donnée dans Le Palais du Gouvernement, qu’il a instauré l’État d’urgence « pour une durée d’une semaine ».

Les insurgés ont pris l’Assemblée Nationale et ont contraint de fermer l’aéroport International de Quito. Quelque 120 militaires se sont unis au soulèvement mais le Chef des Forces Armées a exprimé son soutien au président.

Des scènes de pillages ont déjà été rapportées à la capitale, Quito et à Guayaquil, la ville la plus habitée du pays sur la côte Pacifique.

Pour assurer sa sécurité, le voisin péruvien a pris la décision de fermer ses frontières avec l’Équateur. Pour sa part, le président chilien Sebastian Pinera a manifesté son appui «absolu et total» à son homologue équatorien Rafael Correa.

Le président péruvien, Alan García a proposé une réunion extraordinaire des présidents membres de l’UNASUR à Piura, ville frontalière avec l’Équateur, en signe de soutien au gouvernement démocratique du président Rafael Correa face à la tentative de coup d’État que le chef de l’État péruvien qualifie« ‘d’intromission de gorilles ».

« J’ai proposé à la présidente d’Argentine, Cristina Kirchner, de réunir à Piura les présidents d’Amérique du Sud, membres de l’Unasur, pour être le plus près possible de l’Équateur et ainsi passer rapidement à l’action si nécessaire ».
Alan García a décidé en accord avec Kirchner d’envoyer les différents ministres des Affaires Etrangères en premier sur place dans la ville de Guayaquil.

Le président socialiste Correa affronte la plus grande crise depuis qu’il est à la tête du pays, ces protestations policières et militaires ont atteint une ampleur plus que préoccupante, ces derniers s’opposent à une loi de restriction budgétaire. Cette loi approuvée par l’assemblée met fin à certaines primes pour les membres des forces de l’ordre. La loi de « service public » a par la même occasion instauré une crise entre l’exécutif et le Parlement : la majorité a rejeté certains articles du projet diminuant les salaires des fonctionnaires de l’État.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a demandé que l’ordre constitutionnel soit préservé en Équateur, exprimant son soutien aux « institutions démocratiquement élues » du pays. Le président français Nicolas Sarkozy a manifesté son « plein soutien » à son homologue équatorien Rafael Correa et a condamné les « violences » qui frappent le pays.

La situation dans le pays reste à l’heure actuelle, très confuse.


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