Le gouvernement des États-Unis a félicité l’écrivain d’origine péruvienne, Mario Vargas Llosa, pour avoir été récompensé du Prix Nobel de Littérature 2010, ce au lendemain de l’annonce officielle de l’Académie suédoise basée à Stockholm. Le Bureau rattaché aux Affaires de l’Hémisphère Occidental du Département d’État s’est fait l’écho, au nom du gouvernement américain, des messages de félicitations pour l’obtention de ce prix prestigieux reçu par l’auteur de « La casa verde », « La fiesta del chivo » ou de « La ciudad y los perros ».

Les œuvres de Vargas Llosa « ont été une source de plaisir et d’enseignement depuis plus de 45 ans. Avec son style brillant et sa extraordinaire capacité à révéler le fonctionnement interne de la société et de l’esprit humain, il a gagné une place incontestable parmi les maîtres de la langue espagnole », a révélé le communiqué. « Toute son œuvre, de plus, donne foi en la vitalité culturelle et spirituelle du monde ‘hispanohablante’ (de langue espagnole) dont il est issu », précise le communiqué.

Le département d’État a présenté Vargas Llosa comme « un ami des États-Unis, dont l’œuvre littéraire, traduite en anglais, bénéficie d’une grande popularité sur le territoire nord-américain ». Il a également ajouté que Vargas Llosa est diplômé de nombreuses universités nord-américaines, et qu’il a donné des cours dans plusieurs facultés de grande renommé du pays, y compris la prestigieuse université de Harvard, Columbia, Georgetown et Princetown. « Nous ne pouvions pas être plus fiers que M.Vargas Llosa ait eu connaissance de l’obtention de ce prix alors qu’il se trouvait à New York » ont déclaré les autorités nord-américaines.

« Je suis très surpris, je ne m’y attendais pas », a pour sa part déclaré l’heureux lauréat à la radio nationale espagnole, affirmant même avoir cru à une plaisanterie en apprenant la nouvelle par téléphone. « Cela faisait des années que mon nom était mentionné », c’est une « surprise totale » et « très plaisante ».

Mario Vargas Llosa, écrivain, journaliste et universitaire, est né le 28 mars 1936 à Arequipa au Pérou, il est fils unique et a souvent vécu loin de ce pays que ce soit aux États-Unis, en Espagne ou en Angleterre.

Il est considéré comme l’un des précurseurs du roman et de la « nouvelle vague » latino-américaine. Son travail a été salué par les plus grands prix espagnols, il a travaillé pour des grands quotidiens comme « La Crónica » et « La Industria », il a étudié la littérature à la Universidad Mayor de San Marcos.

« J’ai commencé à 15 ans lorsque mon père m’a confié un travail au journal de Lima… et j’ai essayé de couvrir tous les sujets, depuis les faits divers, en passant par les sports jusqu’à la politique ou même la religion » a assuré Vargas LLosa après avoir obtenu le prix Maria Moors Cabot à l’université de Colombie. (La Republica de 12/10/2006)

Parmi ces romans sous fond de société et de politique de la fin du XXème siècle, on retrouve « Travesuras de la niña mala », l’auteur reste persuadé qu’il a avant tout livré une histoire d’amour mais il est difficile de limiter la thématique à une simple histoire sentimentale, « c’est un mélange de mémoire et de chimères » (La Republica 24/05/2006)

Vargas llosa n’est pas seulement un auteur de romans ou de nouvelles, en 2007 il a partagé la scène au théâtre avec l’actrice Vanessa Saba, tous deux effectuaient la lecture de six contes qui avaient pour principale thématique, l’amour.« Les êtres humains ne peuvent pas vivre seulement de vérités, nous avons également besoin de mensonges » déclarait l’écrivain (La Republica 18/02/2007).

Son œuvre, se compose d’une trentaine d’ouvrages (essais, romans, nouvelles, théâtre), elle est traduite dans le monde entier et faisait à ce titre de l’auteur, un candidat attendu pour l’obtention du Nobel.

« Je suis très touché et reconnaissant », a-t-il déclaré sur le site de l’université de Princeton après qu’il ait eu connaissance de l’obtention du Nobel. « Je suis également très surpris, écrire a toujours été un plaisir fantastique, et j’ai du mal à croire que je suis récompensé pour quelque chose qui m’a été tant bénéfique tout au long de ma vie. » Avec ce prix Nobel de littérature, Vargas va recevoir l’équivalent de 10 000 000 de couronnes, soit 1 074 000 euros.

Il a été récompensé « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses représentations incisives de la résistance, de la révolte et de la défaite de l’individu ». L’auteur est le cinquième écrivain du continent latino-américain à obtenir le Nobel depuis la dernière attribution au Mexicain Octavio Paz en 1990 [les Chiliens Gabriela Mistral (1945) et Pablo Neruda (1971), le Guatémaltèque Miguel Angel Asturias (1967), le Colombien Gabriel Garcia Marquez (1982) avaient précédemment obtenu cette récompense]. Mario Vargas Llosa, 74 ans, a donc reçu de l’Académie suédoise la plus importante distinction littéraire internationale.

Vargas Llosa, a obtenu la nationalité espagnole en 1993, est un « auteur engagé dans la société (…) Il considère qu’un auteur ne doit pas simplement distraire », a affirmé le secrétaire de l’Académie suédoise Peter Englund. Dans cette optique, il n’avait pas hésité à se présenter aux élections présidentielles de son pays d’origine, le Pérou, en 1990. Il avait sévèrement échoué face à son rival Alberto Fujimori, déception qui l’a fait quitter son pays et surtout adopter la nationalité espagnole trois années plus tard.

L’écrivain d’origine péruvienne recevra donc le don de 10 millions de couronnes (environ 1 million d’euros) accordé au lauréat lors d’une cérémonie officielle qui aura lieu au mois de décembre.

Le président du Pérou, Alan García, a célébré l’obtention du Nobel par l’auteur d’origine péruvienne, et a assuré que dans le pays il était un symbole de réussite internationale « C’est un grand jour pour le Pérou, une journée de fierté nationale, un jour d’auto-estime pour le peuple péruvien.Le Pérou est au centre de l’attention avec cette consécration » a déclaré le président jeudi 7 octobre.

Son prochain roman, intitulé « le Rêve du Celte », est basé sur la vie du diplomate irlandais Roger Casement qui dénonça les cruautés commises dans le Congo de Léopold II, l’ouvrage tellement attendu sera disponible en librairie dans sa langue d’origine (l’espagnol) dès le 3 novembre en Espagne, en Amérique latine et aux États-Unis.