Au moins quinze jeunes sont morts et huit autres ont été blessés, dont une petite fille de 8 ans, lors d’une tuerie survenue hier soir (la nuit du vendredi 22 octobre) à la ville frontalière de Ciudad Juárez, la ville la plus violente du Mexique et l’une des plus dangereuses au monde. Un commando armé a fait irruption lors d’une fête lycéenne et a tiré sur les jeunes qui s’étaient réunis pour passer la soirée, a informé le journal Juárez Hoy sur sa page web. L’attaque armée s’est produite à 23h30 heure locale (04:30 GMT), dans une maison, ou selon le témoignage d’un photographe de la EFE, on a retrouvé différents cadavres gisant sur le sol avant que la levée des corps soit opérée par les forces de police.

Onze jeunes sont morts sur le coup, tandis qu’une adolescente de quinze ans est morte durant son transfert à l’hôpital. Trois autres adolescents sont décédés à l’hôpital vers lequel ils avaient été évacués, précise une source du journal.
Plusieurs témoins affirment que les cadavres et blessés « étaient si nombreux que les ambulances de la Croix Rouge se gênaient pour évacuer le plus rapidement possible les victimes », c’est pourquoi la jeune fille de quinze ans « a dû être évacuée dans une camionnette du Servicio Médico Forense où elle est décédée sans pouvoir recevoir des soins médicaux appropriés » selon ces mêmes sources.

Le photographe de l’Agence de presse EFE a constaté que plusieurs cadavres sont ainsi restés dans la maison, allongées à même le sol, cependant les autorités avaient dissimulé la scène de crime avec des plastiques noirs afin d’éloigner les badauds et curieux qui se trouvaient à l’extérieur. Les blessés ont été transportés à la clinique 66 de l’Instituto Mexicano del Seguro Social où ils ont reçu les soins médicaux nécessaires.

Le 31 janvier, un massacre similaire avait eu lieu, 16 jeunes avaient été assassinés à Villas de Salvárcar par un groupe armé alors qu’ils célébraient le nouvel an à Ciuadad Juárez. Plusieurs personnes avaient été arrêtées à Ciudad Varias pour leur participation plus ou moins directe à cette tuerie.

Les autorités mexicaines, et le propre président de la république, Felipe Calderón, ont émis l’hypothèse qu’il pouvait s’agir d’un règlement de compte entre cartels de la drogue, ce qui a provoqué l’indignation des familles touchées par ce drame.

Pour calmer les esprits, le président a fait le déplacement à la ville frontière de El Paso (Texas, Etats-Unis), où depuis plusieurs années la violence règne entre les différents cartels de la drogue qui se disputent le contrôle du trafic.

Calderón a présenté un plan d’investissement dans les domaines de la santé, de l’éducation ainsi que des aides sociales d’un montant de 200 millions d’euros afin d’apporter un nouveau souffle à la ville, dans laquelle on a comptabilisé pour cette année plus de 2 300 assassinats avec une moyenne de neuf morts par jour.

Ce même 22 octobre, des centaines de médecins ont cessé toute activité pendant trois heures et ont protesté devant la mairie pour exiger du gouvernement des garanties afin qu’ils puissent travailler en toute sécurité.

Face à cette vague de violence, les spectacles culturels et de loisirs, restent déserts en soirée à Ciudad Juárez, ce sont 7 000 morts que la ville a enregistrée depuis trois ans.

Les évènements organisés par l’Instituto Chihuahuense de Cultura (L’institut Chihuahuense de Culture ou ICHICULT) à Ciudad Juárez ont diminué de 50 % depuis l’année 2007, selon le représentant de cette institution, Carlos Hernández.

La ville détient le record de la criminalité au Mexique et, en 2009, une ONG mexicaine la répertorie comme la plus dangereuse au monde avec 130 meurtres perpétrés pour 100 000 habitants. Le président, Felipe Calderon, a fait de la lutte contre les trafiquants (et contre le climat de violence que cela induit), une priorité nationale.