Le président vénézuélien, Hugo Chávez, et le dirigeant libyen, Muammar Al Kadhafi, se sont rencontrés à Trípoli cette semaine afin de resserrer leurs relations bilatérales et d’analyser les thèmes liés à l’intégration Sud-Sud. Les chefs d’État ont passé en revue les accords déjà existants, et à cette occasion, ils ont aussi abordé la possibilité de les renforcer.

Le renforcement des liens entre les pays sud-américains et les pays africains revêt une importance particulière pour les deux mandataires. Dans cette optique, ils ont abordé les détails de l’organisation du prochain Sommet, le troisième Sommet Amérique du Sud-Afrique (III Cumbre América del Sur-África), qui se tiendra en Libye, alors que celui de 2009 avait eu lieu à l’Ile Marguerite (Isla Margarita), en terre vénézuélienne.

En plus de cette rencontre entre les deux leaders, il y eut également des réunions entre les ministres, à l’issu desquelles pourraient être conclus de futurs accords. Parmi les activités prévues à l’occasion de cette rencontre officielle, le président du Venezuela s’est vu remettre vendredi 23 octobre, un doctorat honoris causa en sciences humanistes par l’Académie Des Études Supérieures de l’Université de Trípoli pour « sa contribution à la mise en œuvre d’une plus grande justice sociale » dans son pays, et en Amérique Latine, « de même que son apport à l’économie humaniste ».

L’Académie, une institution à moitié étatique, a accordé à Chávez la médaille de l’Alliance Atlantique du Sud (SATO), un projet insufflé par le leader libyen, Muammar Al Kadhafi en réponse à l’OTAN, afin de réunir les pays d’Afrique et d’Amérique Latine au sein d’une même coalition.

De même, les autorités ont salué « son engagement contre le système capitaliste » et la mise en pratique d’un modèle économique « orienté tout particulièrement vers les plus pauvres, afin de subvenir à leurs besoins élémentaires en élevant le niveau de vie d’un pays qui en avait besoin ». Le président les a remerciés pour cette distinction et a précisé qu’il dédiait ce prix à tous ceux qui luttent en faveur de plus d’égalité à travers le monde. Il a précisé que le monde vivait une crise « économique et morale » et que « seul le socialisme pouvait sauver l’humanité ».

La veille, à son arrivée à l’aéroport International de Trípoli, le chef de l’État avait placé sa visite sous le signe d’une volonté partagée avec d’autres présidents de favoriser le multilatéralisme dans les relations internationales.

« Le Venezuela et ses alliés continuent d’offrir de nouvelles perspectives pour un monde pluri-polaire, anti-impérialiste et véritablement libre », a déclaré Chávez à des journalistes qui l’attendaient au terminal de l’aéroport. Pour Chávez, ces avancées préoccupent ceux qui prétendent imposer leur agenda au reste du monde.

Chávez a fait toute une tournée en Europe de l’Est et au Moyen-Orient (Russie, Biélorussie, Ukraine, Iran et la Syrie) des nations avec lesquelles il a signé 30 accords dans les domaines de l’énergie, du commerce, des infrastructures, du transport, du développement nucléaire à des fins non militaires, de l’agriculture, de la technologie et enfin de la défense.

Les autorités académiques libyennes ont attribué la distinction au mandataire vénézuélien pour « son travail constant » dans le but de « promouvoir l’égalité et la justice sociale non seulement à un niveau national mais aussi à l’international ».

Chávez a critiqué la crainte exprimée par le président des États-Unis, Barack Obama, pour l’accord signé entre la Russie et le Venezuela qui doit permettre la construction d’une centrale nucléaire et le mandataire sud-américain affirmé qu’il s’agissait d’un acte de souveraineté et que personne ne pouvait empêcher son pays d’accéder à des technologies de pointe. Les États-Unis accorderont une attention toute particulière à l’accord conclu par le président vénézuélien Hugo Chávez avec la Russie sur la construction de la première centrale nucléaire du Venezuela, a affirmé vendredi le porte-parole du département d’État, Philip Crowley.

« Il (le président Obama) a demandé que l’on n’utilise pas la centrale pour fabriquer des armes nucléaires. Bien sûr, nous allons nous y conformer, mais Obama a semé le doute », a affirmé le dirigeant sud-américain en évoquant les inquiétudes du président nord-américain sur l’accord entre le Venezuela et la Russie concernant l’énergie nucléaire.

Chávez  a souligné que la Libye « est un allié important pour le Venezuela dans plusieurs secteurs », spécialement dans les domaines de l’économie et du commerce.

De plus, l’attitude de Chávez envers les États-Unis et Israël, et plus particulièrement le retrait de l’ambassadeur vénézuélien de Tel-Aviv en guise de protestation contre l’opération militaire » « Plomb Fondu » mené contre la Bande de Gaza (janvier 2009), a fait du président un personnage très populaire aux yeux de la population libyenne.

Un stade construit en 2009 à Bengasi, la seconde ville la plus importante de Libye, porte même le nom du président du Venezuela.

Hugo Chávez terminera sa tournée au Portugal à la fin du week-end, pays avec lequel il a renforcé ses liens notamment grâce au travail du premier ministre portugais, José Sócrates, qu’il doit justement rencontrer aujourd’hui 24 octobre, à Lisbonne.