Les pays membres de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples d’Amérique (ALIANZA BOLIVARIANA PARA LOS PUEBLOS DE NUESTRA AMÉRICA ou ALBA), sont réunis sous l’égide de la ministre bolivienne de l’Environnement et de l’Eau, María Esther Udaeta, depuis hier (mercredi 3 novembre) jusqu’à vendredi, à la Paz, à l’occasion d’un forum qui devrait aborder les points à adopter dans le but de défendre les droits de la Terre mère. En effet, la ligne de conduite choisie sera celle que l’ALBA défendra à partir de la fin du mois, à la prochaine conférence sur le réchauffement climatique.

L’ALBA est une organisation politique, sociale et économique crée officiellement en 2005 à l’instigation du président vénézuélien, Hugo Chavez, pour promouvoir la coopération de certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes (le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, Mancomunidad de Dominica, le Honduras, Saint Vincent et les Grenadines, l’Équateur, Antigua et Barbuda) dans les domaines mentionnés.

Chavez et Morales

Cette rencontre a donc pour but de préparer le prochain sommet des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra dans la station balnéaire de Cancún au Mexique, à la fin de l’année (du 29  novembre au 10 décembre). Ce rendez-vous dans la capitale bolivienne devrait également permettre de créer un Comité Ministériel de Défense de la Nature.

María Esther Udaeta a précisé que le Comité devait mettre en place un planning d’actions conjointes afin d’identifier des tâches et des projets qui prendront en compte la gestion environnementale dans le cadre des politiques publiques et impulser ainsi de nouveaux paradigmes de développement alternatif en harmonie avec la nature.

Dans cette optique, elle a également déclaré que le Comité devait reconnaître la diversité des peuples indigènes comme une richesse et à ce titre, défendre et garantir leurs droits et valoriser leurs systèmes et techniques agricoles ancestrales.

La réunion de la Paz se déroule suite aux demandes émises par les Chefs de l’État et du Gouvernement de l’ALBA à l’occasion des réunions qui ont eu lieu à Cochabamba et à La Havane respectivement en octobre et en décembre 2009.

La ministre a également ajouté que le futur Comité Ministériel compterait sur la présence des ministres de l’environnement de la Bolivie, de l’Équateur, de Cuba, de Nicaragua et du Venezuela.
En accord avec un rapport de la Charte sur l’Environnement, la proposition bolivienne pour la constitution du Comité reconnaît l’existence de ressources communes (l’atmosphère, l’eau, la biodiversité, les connaissances et le savoir entre autres) et de services essentiels prodigués par la Terre mère, lesquels doivent être respectés, entretenus et gérés de façon équitable et non pas utilisés comme une marchandise.

María Esther Udaeta a ajouté que le Comité Ministériel travaillerait sous la tutelle du Conseil Politique de l’ALBA afin de défendre des objectifs concrets. De nombreuses propositions valorisées pendant cette rencontre de l’ALBA, organisée à la Paz, répondent aux conclusions de la Première Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement climatique, célébrée à Cochabamba (centre du pays) au moins d’avril.

Lors de cette conférence, les natifs avaient insisté sur la nécessité de développer un projet de Déclaration Universelle des Droits de la Terre mère et de refuser en bloc les accords conclus lors du Sommet de Copenhague.

Evo Morales

Ils se sont également montrés favorables à l’idée de stabiliser au degré près la température moyenne sur terre ainsi qu’à la création d’un Tribunal International de Justice Climatique et Environnementale. Les membres de l’ALBA ont également demandé aux pays riches une indemnisation équivalent à 6 % du Produit Interne Brut (PIB) afin de palier aux préjudices causés à la Nature, ainsi que la mise en place d’un referendum mondial afin de contrecarrer les effets du réchauffement climatique.

« Nous devons trouver un accord de défense de la vie, de la Nature, et des peuples » a déclaré hier la vice-ministre à l’Environnement de Bolivie, Cinthya Silva.

« Si les pays industrialisés maintiennent la position qu’ils ont défendue lors de la Conférence des Nations Unis (2009), il est fort probable que la prochaine rencontre suscite une confrontation entre les organisations populaires du monde et pas seulement en Amérique Latine » avait déclaré Evo Morales, le président de la république bolivien.