Le gouvernement colombien cherche à déclarer de nouvelles zones minières légales, parmi lesquelles 55 zones minières indigènes et 56 autres situées en territoire afro-colombien dans le but d’améliorer le bien-être de ces communautés qui résident dans des régions où l’activité minière illégale est en croissante augmentation. Ces zones donnent, entre autres, la priorité aux communautés pour recevoir les gisements miniers en concession comme le précise le Minminas.

Le ministre colombien des Mines et de l’Énergie, Carlos Rodado, a déclaré que 19 zones minières des communautés noires du pays ont été enregistrées, pour le moment, dans tout le pays, dont six zones dans le département du Chocó (ouest), 12 dans la vallée de Valle del Cauca (sud-ouest) et une localisée à Nariño (sud-ouest).

« Progressivement, on a ajouté, par sollicitude envers ces communautés, 16 zones minières indigènes dans les départements de Antioquia, Cauca, Chocó, La Guajira, Guainía et Vaupés » a déclaré le fonctionnaire lors du Second Forum Canada-Colombie organisé dans le nord de Bogotá (organisé par la Chambre de Commerce au Club El Nogal) et durant lequel ont été analysés les objectifs de la prospection minière en accord avec le nouveau modèle de responsabilité sociale.

Rodado a ajouté « qu’actuellement 39 zones minières indigènes ont été répertoriées sur un total de 55, et 37 zones minières pour les populations afro-colombiennes sur un total de 56 « .

« Le ministère des Mines et de l’Énergie ainsi que l’industrie minière nationale soutiennent le développement des communautés indigènes et afro-colombiennes et font leur maximum pour améliorer leurs conditions de vie » a-t-il précisé.

Le ministre colombien a affirmé que « la nouvelle réglementation minière régule les moyens de prospection et les formes d’exploitations minières choisies sur les territoires indigènes, et dans un même temps il vise à respecter les droits de consultation préalable et de participation des dites communautés ».

« Le Gouvernement se veut le garant d’une industrie au développement responsable, respectueuse de l’environnement et source d’insertion, dans un secteur où la légalité est une priorité et où la responsabilité sociale est un dénominateur commun de l’industrie minière colombienne », a-t-il déclaré.

Rodado a mis en avant l’expérience du Canada en matière de responsabilité sociale coopérative et s’est déclaré confiant dans le fait que cette expérience et ces bonnes pratiques peuvent s’appliquer en Colombie.

« Sans aucun doute, la Colombie affronte un grand défi en matière de responsabilité sociale coopérative, celle-ci doit être incluse dans toutes les activités du secteur et c’est précisément cette connaissance que nous recherchons auprès du Canada », a-t-il précisé.

La ministre rattachée à l’Environnement et au Développement Territorial, Beatriz Uribe, a signalé pour sa part, à l’occasion du forum que la Colombie jouit d’un capital minier « extraordinaire », ce qui lui confère de grandes opportunités mais aussi des responsabilités considérables.

« Des énormes défis environnementaux nous attendent pour protéger le milieu naturel si avantageux de la Colombie », a-telle affirmé.

Dans les zones minières indigènes ou afro-colombiennes, la prospection et l’exploitation du sous-sol doivent répondre à des normes spéciales relatives à la protection et à la participation des communautés évoluant sur les territoires concernés.

Le Canada et la Colombie ont signé en novembre 2008 un traité de Libre commerce (TLC) et le forum ouvert en Colombie est un préambule à l’entrée en vigueur de cet accord commercial, qui devrait être appliqué en 2011.

Un contrôle régulier de l’activité minière doit être exercé « la Colombie possède des normes environnementales précises, il faut maintenant les appliquer et, à ce titre, lutter contre l’exploitation minière illégale. Ce sont de grandes machines qui ravagent tout sur leur passage, elles nuisent à l’environnement mais aussi à la cohésion sociale, dans des zones où il y a des interventions à l’aide de Bulldozers comme à Chocó, Caucacia, Antioquia et Tolima”, a assuré la ministre, Beatriz Uribe. Elle a également souligné que les entreprises minières légales devront également répondre aux exigences environnementales et agir avec respect envers les communautés natives sous peine de représailles.

Elle a précisé que les nombreuses familles qui vivent de l’extraction minière de façon traditionnelle et artisanale pourront recevoir une aide gouvernementale afin de remplir aux nouvelles conditions.
Selon Paul Gomes, président de Magellan Corporate Strategies Inc. et Directeur Exécutif de FigTree Foundation « Au Canada, les chefs d’entreprise ont obtenu de bons résultats en raison des découvertes minières et pétrolières mais aussi grâce à l’appui qu’ils ont reçu des communautés ».

« Le Canada est leader en matière de Responsabilité Sociale car culturellement ils sont habitués à chercher des solutions pacifiques à tout conflit. Ils évitent les problèmes et cherchent toujours une solution à l’amiable » a expliqué l’expert.

« Aujourd’hui la participation des populations indigènes ou afro-colombiennes dans les entreprises de prospection minière est en augmentation, mais cela reste insuffisant » a déclaré Paul Gomes.

Pour l’expert, la brèche sociale est encore trop importante et il faut donc favoriser au maximum l’insertion de ces communautés et palier aux dommages causés sur leur environnement naturel.