Les inondations qui touchentplus de 80 % du territoirede Colombie, ont fait un dernier bilan officiel de 130 victimes mortelles et de 200 blessés, tandis que 253 000 familles sont affectées par ce déluge d’eau et ses conséquences, selon les derniers chiffres dévoilés par les autorités gouvernementales.

Les pluies ont atteint plus de 1550 municipalités sur les 1 100 qui composent les départements colombiens. Les autorités ont dû évacuer les populations résidant dans les zones à risques, selon des informations émises par le bulletin de la Direction de la Gestion des Risques, organisme du ministère de l’Intérieur et de la Justice.

Les départements les plus touchés appartiennent à la zone caraïbe, essentiellement ceux qui sont situées au nord du pays, c’est le cas avec le département de Bolivar qui enregistre 261 956 sinistrés, mais aussi Magdalena qui compte 154 941 sinistrés et enfin Cordoba qui réunit à lui seul 151 060 sinistrés. Le directeur du Secours National de la Croix-Rouge, Carlos Iván Márquez, a déclaré que cette saison pluvieuse affectait « des dizaines de routes principales, secondaires et régionales, ce qui provoque l’isolement de régions entières ».

Le directeur de la police générale, Oscar Naranjo, a précisé qu’il mobilisait « des dizaines de milliers d’agents à travers le pays pour coopérer avec les maires et autres autorités locales, ce dans le but de porter assistance aux milliers de sinistrés touchés par ces pluies diluviennes ».

Le directeur de l’Institut d’Hydrologie, de Météorologie et des Études Environnementales (IDEAM), Ricardo Lozano, a souligné que la population colombienne pouvait se maintenir informer de l’évolution des conditions météorologiques grâce au site Web de l’organisme, « où des informations sur l’évolution météorologique sont mises à jour constamment », un site qui « détaille également les catastrophes naturelles telles que les inondations, glissements de terrain survenus dans tout le pays, et qui fait état des risques de débordements de fleuves et rivières sur le territoire national ».

Le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Germán Vargas Lleras, a annoncé qu’une somme supplémentaire de 30 000 millions de pesos (soit environ seize millions de dollars) serait débloquée pour pallier à la situation d’urgence.

Face à cette catastrophe naturelle, aggravée par le phénomène météorologique de la Niña, le gouvernement colombien a annoncé qu’il réunissait l’ensemble des organismes internationaux et organismes d’aide dans le but de porter assistance au 1 000 002 de sinistrés. Selon le journal, El Espectador, l’information a été confirmée par Vargas Lleras.

« Nous faisons tout notre possible, mais ce n’est pas suffisant, c’est pour cela que nous faisons appel à toute l’aide possible, que ce soit des entreprises privées ou l’aide internationale afin d’amoindrir la souffrance de nos compatriotes », a déclaré samedi 13 novembre le président de la république, Juan Manuel Santos.

Dernières victimes en date, deux enfants ont perdu la vie ensevelis dans leur maison après une coulée de boue dans la localité de Mercaderes, dans le département de Cauca, le nombre de personnes décédées est donc de 130 à l’heure actuelle. On estime que 1 700 maisons ont été totalement balayées, tandis qu’environ 250 000 foyers ont été partiellement endommagés par les inondations.

Ces pluies torrentielles ont également dévasté 120 000 ha de cultures selon des informations données par le ministre de l’Agriculture, Juan Camilo Restrepo. Le ministre a souligné que la difficulté résidait également en l’approvisionnement en eau potable et en nourriture des communautés coupées du reste du monde.

Cependant, il a tenu à préciser que la situation était sous contrôle. Certains aliments commencent à manquer, c’est le cas de la pomme de terre, dont les prix ont flambé, cependant le ministre certifie qu’il n’y a pas de carences nationales sinon quelques soucis d’approvisionnement dans certaines régions. Les autorités ont indiqué que les pluies persisteraient encore plusieurs semaines dans le pays et dans une partie des Caraïbes, certains fleuves risquent de déborder à tout moment. C’est le cas des fleuves Cauca et Magdalena situés dans le sud du pays, ainsi que l’affluent Bogotá au centre de la Colombie.

Selon des experts de l’institut d’Hydrologie, de Météorologie et des Études Environnementales, les précipitations se poursuivront dans les six prochains mois. La Niña connaîtra son apogée en novembre, mais il est probable que ses conséquences soient visibles jusqu’au premier trimestre 2011. La Niña se caractérise par un refroidissement des températures à la surface de l’Océan Pacifique. En présence de ce phénomène, les pluies sont plus intenses et le risque d’ouragan augmente considérablement dans la zone centrale et orientale du Pacifique.

Ricardo Lozano, directeur de l’IDEAM (http://institucional.ideam.gov.co/jsp/index.jsfa) souligné que la Colombie n’avait pas enduré un tel hiver, accompagné de pluies diluviennes depuis 1973.

Plus d’informations sur le phénomène Niña (source Météo 45 : http://www.meteo45.com/variabilite_naturelle_du_climat.html) :

Deux phénomènes océaniques, El Nino et La Nina, constituent aussi des éléments majeurs de la variabilité du climat. En période El Nino, on observe des températures de surface anormalement chaudes dans le centre et l’est du Pacifique autour de l’équateur.

En période La Nina, on enregistre dans la même zone des températures de surface anormalement froides.

El Nino et La Nina constituent les deux états extrêmes de ce que l’on appelle l’oscillation australe. Du fait du fort couplage existant entre océan et atmosphère, ils se traduisent dans l’atmosphère par une variation à intervalles irréguliers (3 à 7 ans) du champ de pression moyen entre l’ouest et le sud-est du Pacifique tropical.

On appelle souvent ENSO (El Nino-Southern Oscillation) l’ensemble de ces phénomènes atmosphériques et océaniques.

En période El Nino, la configuration du champ de pression dans le Pacifique équatorial se traduit par un déplacement vers l’est des zones de fortes pluies qui se produisent normalement dans les régions voisines de l’Indonésie.

La zone dépressionnaire localisée dans l’ouest du Pacifique se déplace vers l’est et est remplacée par une zone de hautes pressions, à la suite de la disparition des alizés dans cette zone. Les températures de surface de la mer, plus élevées qu’à l’ordinaire, renforcent l’activité convective et génèrent donc des précipitations intenses sur les côtes de l’Équateur et du nord du Pérou. Il en résulte également en général des conditions de sécheresse anormale en Indonésie, aux Philippines et dans le nord de l’Australie.

Les deux phénomènes ont des effets sur la quasi-totalité du globe, mais de façon très régionalisée. Leurs effets se font sentir essentiellement dans la ceinture intertropicale mais ils ont également des impacts significatifs aux latitudes plus tempérées.