« ALAMAR », film mexicain d’une esthétique rare qui a été réalisé par le cinéaste Pedro González-Rubio, sortira sur les grands écrans en France le 1er décembre (distribué par Epicentre Films www.epicentrefilms.com).

Le film de Pedro González-Rubio se déroule au large de la barrière de corail de Chincorro, sa beauté et sa fragilité lui ont par ailleurs valu d’être inscrite en 1996 comme Réserve Naturelle de la Biosphère par l’UNESCO et pourrait prochainement être nommée Site d’Héritage Mondial, avec sa biodiversité unique et endémique.

« ALAMAR » propose aux spectateurs une expérience sensorielle et visuelle, la beauté est saisissante, le bleu des cieux se fondant dans les eaux turquoise de l’océan. Ce long-métrage à l’orée du documentaire, offre un regard bouleversant sur la grandeur de la nature dans ce qu’elle a de plus beau, de plus grandiose mais aussi dans ce qu’elle a de plus simple, le bruit des vagues, le chant des oiseaux, les couleurs qui dévoilent une véritable toile de maître… Le réalisateur active l’éveil de nos sens endormis, nous les citadins qui perdons quelque peu le goût des grands espaces, de la solitude bénéfique, de l’authentique, pour laisser place à de nouveaux repères qui nous éloignent de notre environnement.

« ALAMAR » est une véritable synesthésie, le spectateur se met à expérimenter de multiples sensations, le goût du sel sur la bouche, les odeurs du poisson frais tout juste pêché, la chaleur du soleil sur la peau, les embruns qui fouettent les visages… Et au milieu de ce décor unique, une histoire humaine dont la pureté n’a rien à envier à la grandeur du site de Chincorro.

Ce film évoque l’histoire de Natan (interprété par Natan Machado Palombini), un petit garçon qui rejoint son père, Jorge (Jorge Machado) au Mexique durant les vacances, pour quelques jours. Tous deux embarquent en pleine mer destination Banco Chinchorro pour profiter d’un moment de complicité… Dans ce cadre idyllique, une relation privilégiée se noue entre le père et son fils. En ce lieu coupé du reste du monde où les vraies valeurs ressurgissent, la vie prend alors toute sa signification.

Ce film est un beau voyage, initiatique tout d’abord, un enfant qui apprend de son père (synopsis) mais aussi pour le téléspectateur qui appréhende la beauté et la fragilité de ce qui l’entourent au moyen de ce film-témoignage. Pedro González-Rubio, conscient du développement du tourisme de masse sur la côte caribéenne mexicaine a souhaité immortaliser sur la pellicule cette vie simple de pêcheurs, cet écosystème unique, où la simplicité des hommes côtoie un environnement exceptionnel.

« ALAMAR » joue bien sur les mots, un film qui rend hommage à la mer (el mar en espagnol) et à l’amour (le verbe « amar » en espagnol) ! Le film a été présenté dans de très nombreux festivals (liste  non exhaustive) :

  • Festival International du Film d’Environnement (FIFE) – sélection en compétition officielle (France – 2010)
  • Festival du film de l’Environnement de Washington (U.S.A – 2010)
  • Festival des 3 Continents (France – 2010)
  • Festival International de Cinéma Indépendant (BAFICI) – Grand Prix (Buenos Aires – 2010)
  • Festival International du Film de Rotterdam – Tiger Award (Pays-Bas – 2010)
  • Festival International de ciné de Morelia – Prix du meilleur film mexicain (Mexique – 2009)
  • Festival de Miami 2010 – Prix du Jury (U.S.A – 2010)
  • Festival de Buenos Aires – Prix du Meilleur Film (Argentine – 2010)
  • Festival Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse – Prix FIPRESCI de la première œuvre (France – 2010)
  • Festival International du Film de la Rochelle (France – 2010)
  • Festival Paris Cinéma (France – 2010)
  • Festival Ciné-Jeune (France – 2010)

Plus d’informations sur Banco Chinchorro (source UNESCO: http://whc.unesco.org/en/tentativelists/1963/)

La réserve de la biosphère Banco Chinchorro s’étend sur une superficie de 144,360 hectares dont uniquement 0.4 % est de terre ferme. Elle renferme trois zones centrales qui occupent une superficie totale de 4,587.5 hectares tandis que la zone tampon s’étend sur 139,773.5 hectares. La réserve comprend des formations récifales, une lagune récifale, trois îlots rocheux (îlot Lobos, îlot Centro et îlot Norte) et des eaux océaniques adjacentes. Elle constitue un ensemble récifal de la catégorie d’atoll ou récif de plateforme.

Banco Chinchorro est un système récifal extrêmement complexe et unique au Mexique. En ce qui concerne l’écologie, c’est un système d’une grande hétérogénéité d’habitats qui se doit à plusieurs facteurs : sa topographie coralline, sa topographie sous-marine irrégulière, son orientation relative à l’influence des courants côtiers, la marée et le mouvement des vagues. Les écosystèmes qui ont trait aux processus de reproduction, d’élevage et de propagation d’espèces à grande valeur écologique et économique et qui sont extrêmement bénéfiques à la zone se composent de récifs de corail, d’herbage marin, de bancs de sable, d’îlots rocheux, d’étendues basses de terrains recouverts d’arbustes et de plages sablonneuses. Par ailleurs, Banco Chinchorro est un appréciable pourvoyeur de larves d’espèces écologiques et économiques de grande importance, que les courants maritimes de la zone transportent de la réserve à la zone côtière.

La pêche qui est la plus importante activité économique dans la réserve de Banco Chinchorro depuis plus de quarante ans, est soumise à une normativité établie à la création de la réserve. Les espèces dont la valeur économique est importante sont l’escargot de mer rose (Strombus gigas) et la langouste (Panulirus argus), en plus de quelques espèces à écaille.

Article rédigé par Aline Timbert