Une nouvelle éruption du volcan Tungurahua, situé à 180 kilomètres au sud de la capitale de l’Équateur, Quito, a poussé le Secrétariat National de Gestion des Risques à déclarer hier l’alerte rouge dans 16 localités qui se trouvent non loin du volcan. Aujourd’hui le niveau d’alerte est repassé en orange mais la vigilance reste d’actualité, plus particulièrement dans les provinces de Chimborazo et de Tungurahua.

Les populations des zones concernées, parmi lesquelles Choglontús, Bilbao et Cusúa ont été évacuées par mesure de précaution et la voie Ambato-Baños a été fermée à la circulation. De plus, par mesure de sécurité, les habitants évoluant près des fleuves Vascún et Ulba ont été évacués vers des abris mis à disposition par les autorités. L’activité volcanique a repris il y a deux semaines, mais elle s’est intensifiée ces derniers jours.

« La situation était déjà alarmante. L’éruption qui a débuté il y a deux semaines s’était calmée depuis quelques jours, mais depuis avant-hier le volcan crache énormément de cendre, ce qui menace les cultures », a déclaré Ricardo Avendaño, directeur général de la Défense Civile d’Équateur.

Après quelques mois d’un calme relatif, le volcan s’est réactivé il y a deux semaines et émet depuis une émission continue de cendres. De fait, l’Institut de géophysique a informé que le volcan connaissait un regain d’activité « rapide et soutenu » ce samedi à partir de 8 : 00 heure locale (12 : 30 GMT).

« On rapporte une augmentation de l’intensité et de la durée des explosions et des projections, ainsi qu’une augmentation des émissions de cendres et des jets de roche incandescente à plus de 1.5 km de hauteur. La colonne de cendres se dirige au sud et atteint 2 km de hauteur en raison de la force des vents. Les populations qui vivent à proximité du volcan ont ressenti des vibrations au niveau du sol » a précisé hier l’Institut dans un communiqué.

Une source de l’Institut de géophysique assure que « l’impact sur les zones situées en contrebas du volcan est très probable, en raison des flux pyroclastiques », qui descendent par les flancs de montagne de Juive et Vascún, situés à l’ouest.

Cependant, samedi soir, l’Institut géophysique a informé qui l’intensité des explosions était en diminution, cependant le gouvernement maintient l’alerte orange dans les zones alentour au volcan Tungurahua. La zone d’influence concerne un périmètre de 8 km autour du volcan et on y retrouve la localité de Baños, et ses 15 000 habitants, qui attire de nombreux touristes nationaux et étrangers, mais aussi les localités de Bilbao et Palictahua.

Le Tungurahua, qui se situe à 5 019 mètres d’altitude, dans la Cordillère des Andes, s’est réveillé en 1999. Depuis cette date, il a alterné des périodes d’activité intense et des périodes de calme.

Le Tungurahua (‘gorge de feu’ en langue quechua) a atteint son pic d’activité le plus important en 2006 et a causé la mort de six personnes dans la province andine de Chimborazo (au sud) et de nombreuses destructions.

Au mois de juin de cette année, les autorités avaient déclaré l’alerte orange suite à l’éruption du Tungurahua, les fortes échappées de cendres avaient contraint de fermer temporairement l’aéroport international de Guayaquil et la suspension de plusieurs vols.