Le XXe Sommet ibéro-américain s’est achevé samedi 4 décembre, à Mar del Plata (à 400 kilomètres au sud de Buenos Aires) en Argentine, les chefs d’État se sont engagés à respecter onze objectifs dans le domaine de l’éducation et ont également adopté une Déclaration Spéciale sur la défense de la démocratie, l’État de droit, et l’ordre constitutionnel.

Ce sont les points essentiels de la Déclaration de Mar del Plata, que les Chefs d’États d’Amérique Latine et du Portugal, ainsi que le roi d’Espagne, Juan Carlos, ont entériné à l’occasion de ce sommet d’envergure.

Parmi les objectifs éducatifs, les mandataires souhaitent « promouvoir l’universalisation d’une éducation de qualité comme droit fondamental et inaliénable, et les États ibéro-américains s’engagent à protéger et à garantir ce droit aux populations sans discrimination aucune ».

De la même façon, les chefs d’État souhaitent « garantir l’accession universelle et gratuite de l’éducation à tous les niveaux  » et « l’appui de systèmes et de modèles de développement qui promeuvent des sociétés démocratiques, solidaires et participatives, qui se développent en adéquation avec les nécessités de chaque pays ». L’un des autres objectifs envisagés est de parvenir à totalement éradiquer l’analphabétisme dans tous les pays de la région avant 2015 « en prenant en compte la vaste expérience et les réussites obtenues par plusieurs pays ».

Dans ce domaine précis, Cuba est parvenu à ce que son programme d’alphabétisation “Yo Sí Puedo”, soit inscrit dans la Déclaration comme modèle éducatif, une méthode qui a permis d’apprendre à lire et à écrire à plus de 4,5 millions de personnes en Amérique Latine (un investissement d’environ 100 000 millions de dollars a été établi jusqu’en 2021).

En Amérique Latine, il y a 39 millions d’analphabètes, tandis que 110 millions d’adolescents ont arrêté l’école au niveau du primaire, selon des données révélées par l’Unesco.
Dans les 10 prochaines années, l’espace ibéro-américain est prêt à investir 102 824 millions de dollars pour le domaine éducatif .

Le Vénézuela et le Nicaragua ont reconnu les vertus de ce programme et se considèrent comme des territoires libres d’analphabétisme. De la même façon, les nations se sont engagées à ce que le recours au fond d’investissement additionnel prévu pour le secteur éducatif, d’un montant de 5 000 millions de dollars, « soit utilisé de façon rationnelle, responsable mais aussi avec transparence ».

Préalablement à la rencontre, certains pays comme Cuba avaient remis en question le montant établi en déclarant que l’île avait développé des programmes d’alphabétisation avec succès sans jouir d’un budget considérable.

Le forum a également reconnu la nécessité de « poursuivre les efforts pour la cohérence et l’intégration des politiques économiques, socio-laborales et éducatives afin d’assurer un développement respectueux qui favorise l’inclusion sociale en se basant sur les principes d’un travail convenable et d’une éducation accessible à tous ».

D’une façon générale, comme l’avait déclaré le secrétaire général ibéro-américain, Enrique Iglesias, les objectifs évoqués dans la déclaration se focalisent sur l’accès, la qualité, sur la permanence, et la pérennité du système éducatif ainsi que sur l’incorporation des Technologies de l’information et de la communication dans la formation académique.

L’autre axe défendu lors du Sommet, et qui figure comme premier point dans le document final, est la Déclaration Spéciale sur la défense de la démocratie qui a été proposée par l’Équateur et qui constitue une position formelle du monde ibéro-américain en refus « des actes subversifs contre les États de droit et contre l’ordre légitimement constitué »

Lula Da Silva et Cristina Kirchner

La présidente d’Argentine, Cristina Fernández a ajouté que la clause qui condamne les coups d’État est vitale pour garantir une éducation sans exclusion parce qu’« il est impossible que des gouvernements qui n’ont pas été élus démocratiquement puissent développer des procédures d’inclusion sociale favorable au peuple ».

La clause démocratique est similaire à celle qui a été approuvée récemment par les mandataires de l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR) bien que la déclaration de Mar del Plata ne fasse pas allusion aux mesures concrètes qui ont bel et bien été spécifiées lors du protocole signé par le bloc sud-américain. Cependant, la présidente argentine a réitéré sa détermination en déclarant « Nous sommes prêts à appliquer dans les faits notre détermination à lutter contre les coups d’état en coupant tout type de relation avec des gouvernements qui s’attaqueraient à une démocratie ».

Parmi les 13 autres documents qui ont été approuvés lors du Sommet figure une déclaration qui appuie le sommet de la Communauté des États latino-américains et caribéens qui se déroulera le 5 juillet 2011 à Caracas, capitale du Vénézuela. A ce sujet, le ministre des Affaires Étrangères a estimé « qu’il s’agira d’un sommet important car il devrait favoriser et renforcer notre propre identité et notre présence au niveau mondial ».

Comme prévu, les participants au XX Sommet ont apporté leur soutien en ce qui concerne la demande de souveraineté de l’Argentine sur les Iles Malouines, jusqu’à présent occupées par la Grande-Bretagne, et aussi envers Cuba afin que le gouvernement des États-Unis lève le blocus économique, commercial et financier imposé à l’île de plus de cinquante ans. La condamnation de blocus inclut également l’application de la loi Helms-Burton qui prévoit des sanctions à  l’encontre de pays tiers qui souhaitent maintenir des échanges commerciaux avec l’île.

Des accords ont également été conclus sur des thèmes environnementaux, comme le soutien appuyé à l’initiative équatorienne Yasuni ITT qui propose de maintenir des zones naturelles hors des prospections pétrolières contre une indemnisation financière internationale, une décision qui doit permettre de préserver la Route de l’inca.

Quant au chef de l’État paraguayen, Fernando Lugo, il s’est déclaré heureux que son pays « accueille le prochain sommet » qui se tiendra les 28 et 29 octobre 2011, alors que le pays célébrera le Bicentenaire de son Indépendance.

Le gouvernement espagnol accueillera le Sommet ibéro-américain en 2012, et Panama a postulé pour recevoir les présidents d’Amérique Latine, du Portugal, d’Espagne et d’Andorre en 2013.