Le gouvernement du Pérou, à travers « Red Peruana », cherche à lutter contre le ‘commerce’ sexuel infantile, une exploitation de l’individu intolérable qui va malheureusement en augmentant dans ce pays sud-américain.

Red Peruana (http://www.red.org.pe/turismo_sexual_infantil.htm) espace interinstitutionnel géré par le Ministère de la Femme et du Développement Social, a donc mis en place un plan d’action stratégique afin de faire face à cette triste et effrayante réalité qui englobe près de 500 000 mineurs sur le territoire national, avec une forte concentration dans la région amazonienne.

L’exploitation sexuelle et commerciale infantile (La Explotacion Sexual Comercial Infantil ou ESCI), dans un contexte touristique, peut se définir comme « l’exploitation sexuelle d’un mineur par une personne ou un groupe de personnes qui voyage en dehors de son pays ou de sa région pour avoir des relations à caractère sexuel avec ce dernier ».

Les autorités péruviennes ont redoublé de vigilance ces derniers temps dans la région amazonienne de Iquitos en déployant davantage de forces policières, ce dans le but d’éviter que ne se développe encore plus « le tourisme sexuel » dans cette région particulièrement vulnérable.

En effet, de nombreux touristes étrangers viennent dans cette zone du Pérou afin de se livrer en toute impunité à des abus sexuels sur des mineurs. La police nationale, avec le soutien d’associations civiles, cherche donc à éradiquer cette pratique illégale et évidemment préjudiciable pour les enfants et les adolescents en mettant en place une campagne intensive de prévention (essentiellement par la voie de la communication), mais aussi et surtout, en renforçant les moyens répressifs à l’encontre des pédophiles (« consommateurs » de pornographie infantile et « rabatteurs » de mineurs).

La lutte intensive contre l’exploitation sexuelle des enfants et le trafic d’enfants et d’adolescents, en général,  constitue l’un des principaux objectifs des organismes non gouvernementaux, a précisé Amancio del Aguila, qui travaille à la protection de l’enfance.

Ce dernier a souligné que l’absence de sanctions drastiques et exemplaires à l’encontre de ceux qui transgressent la loi et qui menacent de fait l’intégrité des enfants, a conduit à une recrudescence des pratiques pédophiles, durant ces dernières années. De fait, le tourisme sexuel infantile a fortement augmenté au Pérou conduisant les autorités gouvernementales à une prise de conscience et surtout à l’adoption d’un plan de lutte plus actif. Cette pratique illégale s’est développée sur le territoire péruvien parmi les touristes étrangers mais aussi parmi les touristes nationaux, ainsi la capitale Lima et la ville amazonienne de Iquitos sont les zones les plus touchées par ce fléau. Les villes de Lima et d’Iquitos intègrent « la liste noire des villes péruviennes dans lesquelles les agressions sexuelles à l’encontre de mineurs sont les plus importantes ».

Enfants d’Iquitos

Cependant, la ville d’Iquitos est malheureusement considérée comme « le paradis sexuel » par excellence des prédateurs sexuels, à ce titre la Direction Nationale du Tourisme a menacé de sanctions sévères tout individu qui se livrerait à des actes répréhensibles sur des mineurs.

Le commerce sexuel est « direct et visible par tous », et les relations sexuelles imposées à des mineurs entre l’âge de 8 ans et de 17 ans « ont lieu avec naturel, avec la complicité des passants, ce au vu et au su de beaucoup » a indiqué la Direction du Tourisme dans un rapport officiel. Les zones où les viols et attouchements sur mineurs sont les plus importants sont Pucallpa, Tarapoto, Puerto Maldonado, Cuzco, Arequipa et la Libertad, des villes particulièrement fréquentées par les touristes, a précisé cette même source.

Le contact entre les touristes et les mineurs est établi à travers les « locaux » qui voient dans cette transaction une source de revenus, ainsi des guides touristiques, des agences de voyages, des réceptionnistes d’hôtels, ou encore de taxis sont souvent les intermédiaires entre les victimes et les propres pédophiles. Dans la région de Cusco, il existe même des agences de voyages clandestines proposant à travers leurs pages Web, des « paquets touristiques » qui incluent un tourisme sexuel sur des enfants et adolescents. Les supposés « night clubs », discothèques sont les principaux lieux de rabattement où se produisent ces délits qui, ces derniers temps, ont particulièrement augmenté dans le pays andin, conformément aux informations communiquées par les autorités.

L’Unicef, par le biais de son représentant péruvien Paul Martin, et le Mininter ont apporté leur soutien en faveur de la lutte contre le tourisme sexuel au moyen d’un déblocage de fonds. Le fonds des Nations Unies pour l’enfance a remis à la police nationale du Pérou, via le Ministère de l’Intérieur, du matériel de haute technologie afin de rendre leurs enquêtes plus performantes.

Avec ce nouveau matériel, l’Unicef cherche à améliorer l’obtention de preuves contre le délit de pornographie infantile et ainsi faciliter l’arrestation des pédophiles (cybercriminalité). Les effectifs de police à avoir reçu ce matériel en priorité sont ceux de la Division de Recherche de Délit de Haute Technologie rattachée la Direction de recherche criminelle de la Police Nationale Péruvienne (División de Investigación de Delitos de Alta Tecnología ‘DIVINDAT’ de la Dirección de Investigación Criminal de la PNP).

Depuis l’année 2007, le Ministère de l’Intérieur et l’Unicef maintiennent un accord de coopération interne institutionnel qui a permis le développement de trois plans d’action en 2007, en 2008 et en 2009 parmi lesquels la formation d’effectifs policiers et de fonctionnaires qui a été renforcée dans les domaines de l’abus sexuel, la maltraitance infantile et des violences domestiques.

Cette action réunit l’Etat et la société civile, le Ministère de l’Intérieur, Le Ministère rattaché à la Femme et au Développement Social, le Ministère de la Santé, le Ministère de l’Éducation, le Ministère Public, le Pouvoir Judiciaire, le Ministère du Commerce extérieur et du Tourisme, ainsi que les gouvernements régionaux de Cusco, Madre de Dios et Loreto.

Pour apporter votre aide à l’Unicef ou obtenir des informations sur les projets menés sur le territoire péruvien, vous pouvez consulter : http://www.unicef.org/peru/spanish/ (en espagnol) ou http://www.unicef.org/french/infobycountry/index.html (en français).