La forte vague de chaleur qui frappe l’Argentine depuis la semaine dernière et qui semble vouloir perdurer, a provoqué de sérieux problèmes d’approvisionnement énergétique dans la capitale, Buenos Aires, de même que dans certaines zones se trouvant à la périphérie de la ville.

Avant même la célébration des fêtes de Noël, les habitants ont été confrontés à des coupures électriques, ainsi qu’à des baisses de tension qui ont provoqué des perturbations au niveau de la distribution du courant pour plus de 40 % de la population résidant à Buenos Aires et dans les communes voisines, selon des estimations émises par l’Association de Défense des Droits des Usagers et des Consommateurs.

Ce problème énergétique s’explique par la surconsommation des appareils de ventilation en tout genre et des climatisations en cette période de canicule. Les entreprises distributrices d’énergie ont enregistré un pic de consommation lundi 27 décembre (en ce qui concerne la consommation pour une journée d’été), avec une demande supérieure à 20 000 MW enregistrés à 15:30, au moment où le thermomètre affichait une température de 34,7°C et une sensation de chaleur équivalente à 38° C (en raison du taux d’humidité élevé).

Le Service de Météorologie a d’ailleurs décrété lundi l’alerte rouge en raison de cette vague de chaleur et a recommandé à la population de prendre les mesures nécessaires pour se protéger autant que faire se peut, d’autant que celle-ci s’inscrit dans la durée et affaiblit donc les organismes. Les problèmes d’approvisionnement en énergie électrique ont été particulièrement importants dans le nord et au sud del Gran Buenos Aires, où les entreprises Edenor et Edesur ont utilisé les groupes électrogènes d’urgence pour essayer de limiter au maximum la gêne occasionnée. Dans certaines zones directement frappées par cette pénurie, des habitants excédés ont protesté avec des casseroles et ont coupé l’accès à certaines routes.

De nombreux habitants ont passé le réveillon de Noël dans l’obscurité en raison des coupures électriques, beaucoup affirment que certaines coupures ont duré par endroits plus de quatre heures voire encore plus longtemps dans des zones comme San Telmo, Caballito, Flores Sur, Chacarita, entre autres. Dans la capitale, de fortes perturbations ont été enregistrées sur le trafic routier en raison des feux rouge (une centaine) qui ne fonctionnaient plus, les autorités ont appelé dès lors la population à se déplacer avec une extrême prudence, plus particulièrement durant les heures de pointe.

Le sous-secrétaire aux Transports dans la capitale, Guillermo Dietrich, a reconnu lors d’une interview accordée au journal Clarín que la capitale « bénéficiait uniquement de huit groupes électrogènes et qu’il était difficile d’un point de vue logistique de les déplacer », de sorte que les difficultés pourraient s’accroître si la chaleur venait à perdurer. Des centres commerciaux, des banques ou même certaines lignes de métro ont pris la décision de diminuer leurs activités en raison du manque énergétique. Au manque de lumière s’ajoute aussi un manque d’essence dans de nombreuses stations services de la capitale, en raison du mouvement de protestation qui secoue les entreprises distributrices dans le sud du pays.

Les recommandations des agences sanitaires pour affronter ces températures élevées sont les suivantes : s’hydrater fréquemment et en quantité suffisante, éviter toute exposition au soleil, limiter les activités physiques, consulter un médecin en cas de symptômes fébriles, de sensation de malaise, de somnolence ou d’accélération du rythme cardiaque.

La chaleur « multiplie par trois le nombre de décès », a déclaré la responsable de l’organisation Red Solidaria, Juan Carr. Le phénomène climatique La Niña a engendré cette année une grande sécheresse dans des régions de Buenos Aires et de La Pampa, la région agricole la plus riche d’Argentine.

Aujourd’hui le Service Météorologique National (El Servicio Meteorológico Nacional ou SMN) a baissé le niveau d’alerte, du rouge, il est passé à l’orange après que les températures aient un peu baissé depuis les dernières heures. Le niveau orange maintient une vigilance accrue pour les populations les plus fragiles « les bébés, les enfants, les personnes de plus de 65 ans ou les individus souffrant de maladies chroniques ». Le niveau d’alerte a été revu à la baisse alors que les températures ne dépassent plus les 30°C, et que le taux d’humidité ne dépasse plus les 40 %.

La mise en place du niveau d’alerte est une mesure imposée en cas « de chaleur exceptionnelle », lorsque l’on estime que la population en bonne santé est également « en danger » et plus seulement la population dite « à risque » a déclaré le SMN. Demain et vendredi, Buenos Aires devraient connaître des températures situées entre 19° C et 31° C, et aucun phénomène pluvieux n’est attendu.

Les habitants de Buenos Aires ont ainsi connu en cette année 2010 le Noël le plus chaud depuis 100 ans, alors que les températures enregistrées ces derniers jours n’ont pas été aussi élevées depuis 50 ans.

(vidéo du 28 décembre)